Bénin : les magistrats battent le pavé pour conserver leur droit de grève

Les magistrats béninois manifesteront le jeudi 10 juillet pour conserver leur doit de grève qu’entendent leur retirer 45 députés.

L’Union nationale des magistrats du bénin (UNAMAB) défilera le jeudi 10 juillet pour préserver aux magistrats leur droit de grèves. Coïncidence ou non, cette date tombe le même jour que la clôture, à l’Assemblée nationale, de la première session ordinaire de l’année 2014, ouverte depuis trois mois.

La manifestation débutera face à la Bibliothèque Nationale, à Akonaboè (Port-Novo), à 9 heures 30 et rassemblera l’UNAMAB, les centrales de confédérations syndicales, la Fesyntra-Finances, le Cosynap, le Synaojub, le Syntrajab et le Syntra-Justice. Les organisateurs invitent les citoyens à marcher avec eux et les professionnels de la justice qui défileront vêtus de leur toge. Une fois à l’Assemblée, une motion sera lue avant d’être remise au Président Mathurin Coffi Nago, rapporte La Presse du jour.

Cette manifestation intervient alors que plusieurs députés se sont retirés de la liste des 45 signataires de la proposition de loi portant modification de l’article 18 de la loi 2001-35, en date du 11 février 2003 relative au statut de la magistrature.

Le projet de loi portant sur la modification de cet article est le suivant : « Les fonctions judiciaires sont incompatibles avec tout mandat électoral ou politique. Toute délibération politique est interdite au corps judiciaire. Les magistrats sont inéligibles aux assemblées politiques. Les magistrats, même en position de détachement, n’ont pas le droit d’adhérer à un parti politique. Toute manifestation d’hostilité au principe ou à la forme du gouvernement de la République est interdite aux magistrats, de même que toute démonstration de nature politique incompatible avec la réserve que leur imposent leurs fonctions. Les magistrats ne peuvent se constituer en syndicat, ni exercer le droit de grève. Il leur est interdit d’entreprendre toute action concertée de nature à arrêter ou entraver le fonctionnement des juridictions ou d’y participer. Tout manquement par un magistrat aux dispositions du présent article est sanctionné par la mise à la retraite d’office ».