Bénin : le président Kérékou veut rempiler

C’est officiel : Mathieu Kérékou, l’actuel président du Bénin, est candidat à sa propre succession. Il a annoncé sa candidature jeudi à Cotonou.

L’actuel n°1 du Bénin s’est installé officiellement dans les starting blocks pour la course à la présidence. C’est au Palais des sports de Cotonou que Mathieu Kérékou a fait son annonce, jeudi, devant des délégations de 110 formations politiques. Il brigue ainsi un troisième mandat à la tête du pays.

Mathieu Kérékou est arrivé au pouvoir en 1972 à la faveur d’un coup d’état militaire. Un pouvoir qu’il quittera en 1991 suite à l’élection à la présidence de Nicéphor Soglo. En 1996 les urnes lui ouvrent la voix d’un deuxième quinquennat qui aujourd’hui arrive à son terme. Les élections du 4 mars prochain décideront du nouvel homme fort du pays.

Un jour avant la clôture

Un jour avant la clôture des dépôts de candidature, l’actuel président a dépêché, dans l’après-midi de jeudi, ses émissaires à la Commission nationale électorale autonome (CENA) pour les différentes formalités administratives. La campagne électorale se tiendra du 15 au 19 février prochains.

Le rassemblement au Palais des Sports de 110 des 120 partis politiques du pays, pour recevoir l’annonce de Kérékou, pourrait facilement prendre des allures de plébiscite. Mais il ne s’agit là que de petites formations satellites,  » réduites parfois même à deux ou trois membres « , commente un journaliste béninois. Les ténors de l’opposition, tous absents jeudi dernier, disposent déjà de leurs candidats.

Militantisme salarié

Absent,  » La renaissance du Bénin « , parti de l’ancien président Soglo. Absent, le  » Parti du renouveau démocratique  » du président de l’Assemblée nationale. Absent encore, le  » Parti social démocrate  » de l’actuel ministre d’Etat. Avec 42 des 83 sièges, l’opposition reste la grande gagnante des législatives de 1999.

Les nombreuses marches de soutien organisées depuis octobre dernier par les partis acquis à Kérékou ne changent rien à la physionomie politique. Les quelques 2 000 à 3 000 personnes qui défilent, chaque semaine, pour garder  » le père de la nation  » sont de la poudre aux yeux. L’illusion de militantisme de ces actions étant mise à mal par un système de rémunération des manifestants.  » Chaque personne reçoit entre 500 et 1 000 FCFA (5 et 10 FF) à la fin de chaque marche. Ces manifestations attirent beaucoup de curieux mais cela ne veut pas dire grand chose « , analyse un observateur.

Aujourd’hui la course est lancée. Entre intox et réel poids politique de chacun, le premier tour du 4 mars clarifiera objectivement l’état de toutes les forces en présence.