Bénin : décès de l’ancien Président Mathieu Kérékou

L’ancien Président béninois, le Général Mathieu Kérékou, est décédé des suites d’une longue maladie, ce mercredi, à l’âge de 82 ans.

L’ancien Président du Bénin Mathieu Kérékou a rendu l’âme, ce mercredi 14 octobre 2015, à l’âge de 82 ans, des suites d’une longue maladie. Des rumeurs sur sa mort circulant depuis plusieurs jours, elle a bien été confirmée par une source familiale.

Considéré comme un fin homme politique, il était surnommé le caméléon. Il faut dire que l’ex-chef de l’Etat béninois, qui arborait toujours fièrement des lunettes de soleil enfumée, était connu pour sa personnalité fantasque et insaisissable. Il a en tout régné durant 29 ans à la tête du Bénin après avoir mené un coup d’Etat, ce fameux 26 octobre 1972, en plein après-midi, alors qu’il est chef d’état-major adjoint de l’armée. Il renverse ainsi le Président Justin Ahomadegbé.

Mais une fois au pouvoir, celui qui a vu le jour en 1933 à Kouarfa, dans le nord-est du pays, formé à l’Ecole des enfants de troupe de Kati (Mali) et à celle de Saint-Louis (Sénégal), avant de poursuivre sa formation en France, notamment à l’Ecole militaire de Fréjus et à l’Ecole d’état-major de Paris, dirige le pays d’une main de fer. Il n’hésite pas à manier le bâton et la carotte pour préserver son pouvoir. Il effectue des changements radicaux, débaptise le pays, qui devient alors la République populaire du Bénin. Il impose également le marxisme-léninisme et le parti unique. Il va même plus loin et interdit le vaudou très pratiqué dans le pays.

Mais Mathieu Kérékou, connu pour être un fin stratège, tend la main à ceux qui contestent sa politique, surtout lorsque le marxisme-léninisme s’essouffle à la fin des années 1980. Il ouvre alors des débats sur les problèmes économiques du pays. Le Président va même jusqu’à demander le pardon du peuple pour les excès de son régime, promettant de tourner le dos définitivement à l’idéologie marxiste et finit même par devenir pasteur évangélique pendant sa traversée du désert. Après avoir dirigé le pays d’une main de fer, il parvient à porter la casquette de celui qui a accepté la démocratie dans le pays. Il est alors réélu démocratiquement pour deux mandats de plus, de 1996 à 2006.

Bien qu’il n’y soit plus, une chose est sûre il marquera à tout jamais la politique du Bénin, ne serait-ce que pour avoir régné durant plus d’un quart de siècle dans le pays, qui demeure par ailleurs toujours l’un des plus pauvres du monde…