Bénin : « Kaléta », le roi de Noël !


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Kaléta, tradition du Bénin
Kaléta, tradition du Bénin

A Noël à Cotonou ou dans d’autres villes du sud du Bénin, le roi des rues, c’est « Kaléta ». Incontournable attrait des garnements du mois de Décembre et annonciateur des fêtes de fin d’année, Kaléta est une tradition importée du Brésil et du Portugal par d’anciens esclaves libérés vers 1830.

C’est une formation, d’une part d’adultes et d’enfants d’autre part, configurée de manière à avoir un groupe de danseurs masqués derrière lequel traine un orchestre distillant de vielles chansons populaires. C’est l’une des cinq sociétés de masques présentes dans le golfe de Guinée. Mais comparé aux quatre autres sociétés, Kaléta est plutôt « nu », dépourvu de tout culte. Voilà pourquoi il est dit « chose des enfants ».

Avant Décembre, les enfants déjà s’organisent. Répertoire de chansons revisité lors des répétitions de circonstance et porteur(s) de masques désignés. Parfois, même la part de la cagnotte que chacun recevra est connue à l’avance et c’est ce qui rend le jeu plus intéressant. Les plus organisés s’offrent les plus beaux costumes et masques et leur show ne laisse personne indifférent.

L’un des nombreux refrains populaires qu’ils entonnent quand ils rentrent dans une concession est : « Papa do xoué gbé a / Djidjoho yen kambio… » ; en français, ça fait « Nos hommages au chef de maison/ Porteurs de paix nous sommes… ». Précis est surtout l’objectif. S’en tirer gavé de friandises et d’argent. Et quand arrive la fin de la prestation, l’orchestre baisse le tempo et chante : « Ami vo do zôgben men kaléta na yi xwé ! » (Il n’y a plus une goutte d’huile dans la lampe, Kaléta va devoir se retirer !). Comme pour dire, ce gombo est plié et il est temps d’aller en plier un autre.

Oui ! Plus qu’une tradition, Kaléta est un phKaleta 2 noel au beninénomène. Trois adultes sur cinq issus d’une famille basée au sud du Bénin, ont déjà fait Kaléta (soit danseurs masqués, chanteurs ou instrumentistes). C’est donc souvent avec joie que le groupe de garnements est accueilli dans les maisons où ils se rendent. Et c’est le chef de famille le plus ému qui sort le plus de jetons. Les rares fois où Kaléta sort les mains vides d’une prestation, la chanson appropriée est aussi connue de tous : « Gouénon, gouénon ahon sun sun ! A ma na nudé mi ! » (Radin! Ce chauve radin ne m’a rien donné !).

Kaléta, c’est aussi un festival qui se tient tous les ans à Ouidah, berceau du Kaléta et qui est dénommé « Festival Kaléta et des Arts Agouda » dont l’objectif principal est d’empêcher l’extinction de ce patrimoine culturel béninois importé du Brésil!

Oh non ! Notre jauge de mots affiche rouge ! Comme Kaléta, sommés sommes-nous de nous retirer tout en espérant vous retrouver encore plus nombreux pour de nouvelles aventures.

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