Bénin : Des anciens ministres bientôt en prison ?

Depuis jeudi 27 octobre dernier, les députés béninois ont démarré leur dernière session ordinaire pour le compte de l’année 2011. A l’ouverture de ladite session, le président du parlement, Mathurin Nago a cité parmi les points inscrits à l’ordre du jour, le dossier de mise en accusation d’anciens ministres.

Les anciens ministres béninois dont les noms sont cités dans des affaires scabreuses sont au nombre de quatre. Il s’agit de Rogatien Biaou et Kamaraou Fassassi (anciens ministres de Mathieu Kérékou), Armand Zinzindohoué et Soulé Mana Lawani (anciens ministres de Boni Yayi). Il est reproché au premier – Biaou- d’avoir vendu un domaine du Bénin aux Etats-Unis d’Amérique pendant qu’il était ministre des Affaires Etrangères. Quant au second – Fassassi -, il aurait été impliqué dans une affaire de groupes électrogènes vétustes achetés au prix du neuf au moment où il était ministre de l’Energie. Le troisième – Zinzindohoué – était encore ministre de l’Intérieur quand un groupe d’escrocs a spolié les Béninois de leurs biens à hauteur de cent milliards de FCfa. C’est l’affaire dénommée ICC Services et Consorts. Dans ce dossier, il a été dit que le ministre de l’Intérieur de l’époque a protégé les escrocs en leur délivrant des permis de port d’armes. Pour ce qui est du cas de – Lawani-, ce quatrième a été limogé après le dernier sommet de la CEN-SAD tenu à Cotonou alors qu’il était ministre de l’Economie et des Finances. On lui reproche d’avoir fait montre de légèreté dans la gestion des fonds publics.

Pour les observateurs de la chose politique au Bénin, si le président du parlement a cité parmi les soixante six (66) points inscrits à l’ordre de la session, le dossier de mise en accusation d’anciens ministres, c’est qu’il est convaincu que ces ex-membres du gouvernement seront traduits devant la Haute cour du Justice, seul organe juridique républicain habileté à juger les ex-chefs d’Etat et ministres. Pour la petite histoire, les parlementaires béninois proches du pouvoir exécutif bénéficient d’une majorité confortable. Ce qui leur permet pour l’heure de voter sans difficulté les projets de loi du gouvernement ou les propositions de loi des députés de leur bord. Et Mathurin Nago, l’actuel président du parlement béninois est de ce camp, c’est-à-dire celui de la majorité présidentielle. C’est d’ailleurs pourquoi il a bien choisi son moment pour faire sa déclaration d’autant plus qu’il a pris le soin d’inviter les présidents du parlement nigérien, togolais et burkinabè à l’ouverture de la session ordinaire de l’assemblée nationale du Bénin. C’est devant donc Hama Amadou du Niger, Abass Bonfo du Togo et Rock Marc Christian Kaboré du Burkina Faso qu’il a annoncé la nouvelle afin de leur montrer comment fonctionne la démocratie béninoise. A ses hôtes de s’inspirer du modèle béninois.