Ban Ki-Moon : « Le nombre de morts dues au paludisme est inacceptable. »

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Lors de la Journée mondiale de lutte contre le paludisme, le 25 avril, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon et son envoyé spécial pour le paludisme, Ray Chambers, ont appelé à combattre l’infection, transmise par les moustiques, qui tue 1,3 millions de personnes par an. Ils ont également souligné la priorité qui devait être donné à l’Afrique le continent le plus touché. Il n’y a toujours pas de vaccin contre le paludisme, mais les avancées récentes de la science devraient contribuer à ralentir sa propagation.

« Si sept Boeing 747 remplis d’enfants s’écrasaient contre une montagne tout les jours, le monde réagirait-t-il pour les en empêcher ? » Cette analogie du chercheur Tanzanien Wen Kilama aurait pu résumer le message envoyé aujourd’hui par les Nations Unies. En qualifiant le nombre de morts provoquées par le paludisme, notamment en Afrique, d’ « inacceptable » le Secrétaire général de l’ONU a voulu attirer l’attention de la communauté internationale sur la nécessité de réagir.

« Notre objectif est d’en finir avec les morts du paludisme en assurant une couverture universelle d’ici à la fin de l’année 2010. » a déclaré le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-Moon, lors de son intervention pour la Journée mondiale de lutte contre le paludisme ce vendredi 25 Avril. Le Secrétaire général et son délégué spécial pour le paludisme, Ray Chambers, ont fixé des objectifs au niveau mondial pour lutter contre la maladie, responsable de plus d’un million de morts par an.

Le paludisme en Afrique

Global_Malaria.jpgBien que le paludisme fasse des victimes en Asie, en Amérique Latine et au Moyen Orient, le délégué spécial de l’ONU pour le paludisme le souligne que la priorité doit être donné à l’Afrique « Nous devons agir partout, mais 90% des morts ont lieu en Afrique sub-saharienne nous devons donc d’abord nous concentrer sur cette zone là. »

L’organisation humanitaire est optimiste quant aux progrès possibles puisque seulement 2% des enfants africains de moins de 5 ans, les personnes les plus touchées mondialement par la maladie, ont accès à des moustiquaires correctement traitées. Ce chiffre pourrait donc être sensiblement modifié, l’ONU prévoyant de réunir plus de 250 millions de moustiquaires en plus pour l’Afrique.

Les avancées scientifiques de la lutte contre le paludisme

Le paludisme est une maladie causée par un parasite qui se transmet par voie sanguine, majoritairement par des piqûres d’insectes comme les moustiques. Elle provoque de très fortes fièvres qui peuvent se révéler mortelles, surtout dans les cas d’organismes plus fragiles. Les principales victimes sont des femmes et des enfants.

Il n’existe à l’heure actuelle pas de vaccin contre le paludisme et les spécialistes soutiennent que, malgré des recherches intenses, un tel vaccin n’est pas près de voir le jour du fait de la complexité biologique de la maladie. Cependant il existe plusieurs solutions pour combattre activement le paludisme.


Les traitements curatifs

Les traitements curatifs sont des médicaments à prendre après que le patient a contracté la maladie. Jusque là, les médicaments contenaient une seule molécule active pour combattre le parasite, le plus souvent la chloroquine ou la quinine.

Cependant, des thérapies plus récentes, combinant plusieurs molécules anti paludiques se sont révélées plus efficaces dans le combat contre la maladie. Le désavantage de ces traitements reste le coût, 2,4 dollars pour un adulte contre 0,20 dollars pour les médicaments à une molécule, qui peuvent se révéler prohibitifs dans les pays les plus pauvres souvent les plus touchés.

La prévention
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La maladie se transmettant principalement par piqûres de moustique, une des méthodes basiques, néanmoins très efficace, est de limiter au maximum l’exposition à celles-ci. La méthode classique est la moustiquaire imprégnée de produits insecticides.

C’est dans ce domaine que les Nations Unies ont insisté pour que des mesures urgentes soient prises puisqu’un accès à ces méthodes de prévention est peu cher et pourrait grandement limiter le nombre de malades.

Nous disposons donc maintenant des moyens et du savoir nécessaires pour réduire drastiquement le nombre de victimes de la maladie. Les chiffres restent effectivement inacceptables sachant que l’on peut efficacement lutter contre la maladie pour ce que les spécialistes considèrent maintenant un coût « raisonnable ». Reste à se demander, dans le passé, quel coût n’a pas été considéré assez « raisonnable » pour sauver les vies de centaines de milliers d’enfants africains…