Avenir incertain pour les réfugiés soudanais en Israël


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Les réfugiés soudanais venus chercher asile en Israël rencontrent d’énormes difficultés et, lorsqu’ils ne sont pas arrêtés, ils sont abandonnés au bord des routes des villes du sud du pays.

Près de 80 réfugiés soudanais sont encore détenus dans des prisons israéliennes, plus de la moitié d’entre eux étant originaire de la région instable du Darfour, dans l’ouest du Soudan. Au cours des dernières semaines, quelque 900 réfugiés soudanais sont entrés illégalement en Israël en traversant la frontière poreuse avec l’Egypte.

Le Soudan étant classé par Israël parmi les « Etats ennemis », les réfugiés venant de régions comme le Darfour sont perçus comme des risques potentiels pour la sécurité du pays. Les experts israéliens, qui se sont penchés sur le sort de ces réfugiés, attendent de la commission gouvernementale dirigée par le ministre de l’Intérieur, Ronnie Bar-On, qu’elle revienne immédiatement sur sa politique de détention systématique des hommes migrants soudanais entrés illégalement en Israël ; une mesure qui divise les familles et n’est pas sans conséquences psychologiques, surtout chez les enfants.

Près de 200 enfants figurent parmi les nouveaux arrivants. Dov Khanin, membre du Comité d’assistance aux enfants du Parlement israélien, s’est dit préoccupé par le fait que ces enfants ne recevaient pas de soins médicaux et n’étaient pas scolarisés. « Je compte prendre une initiative pour créer un commission nationale qui prendra en charge le problème des réfugiés », a-t-il confié à IRIN, en ajoutant qu’il espérait que cela contribuerait à soulager les réfugiés en général et les enfants en particulier.

Selon M. Bar-On, les réfugiés soudanais, dont un sur quatre est originaire du Darfour, posent un problème à l’Etat d’Israël, bien qu’ils ne représentent que « la moitié des Africains qui passent la frontière et entrent illégalement en Israël ».

Cinq mille réfugiés par an

Selon les statistiques gouvernementales, près de 5 000 réfugiés arrivent chaque année en Israël, et le nombre continue de croître. Israël n’a pas de politique très claire en matière d’immigration et de demande d’asile, ce qui explique que de nombreux réfugiés « ne parviennent pas à être pris en charge », ont déploré certaines organisations non gouvernementales.

Quant aux autres réfugiés, ils sont menacés d’expulsion. « Il faut se rendre compte que bon nombre de ces réfugiés risquent leur vie si on les renvoie au Soudan », a affirmé Sharon Harel, du bureau du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Tel Aviv.

Dans son dernier rapport publié à l’occasion de la journée mondiale du réfugié, le HCR a révélé qu’il avait la charge de quelque 686 000 réfugiés soudanais, ce qui en fait l’un des plus importants groupes de réfugiés au monde.

Les réfugiés ne sont plus arrêtés

Actuellement, étant donné la surpopulation dans les prisons israéliennes, les réfugiés ne sont plus arrêtés. Selon certains observateurs, l’armée les relâche au bord des routes, dans les villes du sud d’Israël.

Bon nombre de ces réfugiés sont aidés par des bénévoles et des ONG, qui pensent toutefois que les autorités gouvernementales devraient rapidement trouver une solution à ce problème. « Nous n’avons plus de solutions. Les prochains réfugiés qui passeront la frontière vivront dans la rue », a déclaré Yiftach Milo, directeur de l’ASAF, une organisation locale qui vient en aide aux réfugiés africains.

Bien qu’elle soit sans ressource, Elisheva Milokovsky, étudiante de 24 ans à l’université de Ben Gourion de la ville de Beer Sheva, dans le sud du pays, s’occupe de certains réfugiés. « Nous recevons des appels téléphoniques de l’armée qui nous demande par exemple d’aller nous occuper des réfugiés qu’elle vient de relâcher à Beer Sheva », a indiqué la jeune étudiante.

« Tout ce que nous achetons, nous le payons de notre poche, y compris les médicaments que nous donnons aux réfugiés », a-t-elle ajouté. Certaines tribus de bédouins de la région ont également offert de l’aide et hébergent les réfugiés.

Photo: Tamar Dressler/IRIN

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