Avec leur album « The long march », les trois frères Joubran marient le ‘oud avec un orchestre symphonique

Le Trio Joubran vient de tourner une page : les frères Samir, Wissam et Adnan, qui sont nés et ont grandi à Nazareth dans une famille de luthiers avant de quitter la Palestine pour parcourir le monde comme artistes, ne sont plus SEULEMENT Palestiniens : avec ce disque, ils s’affirment haut et fort citoyens du monde – identité qui s’ajoute à leur identité première, sans l’effacer aucunement.

Comment cela ? C’est que, depuis quelque 15 ans que le trio existe, leurs compositions (où, comme sur le morceau qui ouvre ce disque, venait parfois se poser les vers passionnés du grand poète Mahmoud Darwich, « Ambassadeur poétique » des Palestiniens meurtris), leurs compositions donc étaient en quelque sorte un « cri de la Palestine », nécessaire tant que la Palestine reste écrasée et niée, comme si leur musique ne « parlait qu’arabe palestinien ».

Avec cet album, « The long march », le Trio Joubran franchit un pas : leur musique, qui DIT la Palestine et la douleur de ce peuple mieux que mille articles et reportages, dialogue désormais avec le reste du monde. Comme si les frères Joubran sortaient de leur tristesse infinie, non pas pour l’oublier, mais pour accueillir, dans leur monde, d’autres musiciens et univers musicaux. Et aussi pour apporter leur sensibilité et leurs coeurs d’artistes à d’autres musiciens.

Le clip de Carry the earth :

Pour preuve, cette composition, « Carry the earth », dans laquelle ils invitent Roger Waters, bassiste des Pink Floyd. Ou encore « More than once », où un orchestre symphonique les accompagne. L’Occident, moderne, est là, sans la politique, l’agressivité, et l’humiliation : entre artistes, on se comprend, on vit en paix…

 

CD : TRIO JOUBRAN, « The long march » – Cooking Vinyl