Au Nigeria, le Mend mène sa « guerre du pétrole »

Quatre frappes en trois jours. Depuis dimanche, le Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger (Mend) est rentré en « guerre » contre les autorités nigérianes et les pétroliers opérant dans le delta du Niger. Le Mouvement, qui revendique une redistribution plus équitable des revenus de la manne pétrolière, répond ainsi à une attaque de l’armée régulière sur ses positions.

Dans l’Etat de Rivers au sud du Nigeria, les attaques du Mouvement pour l’émancipation du delta du Niger se multiplient. Après avoir revendiqué hier une deuxième attaque contre un oléoduc appartenant au groupe anglo-néerlandais Shell, le Mend affirme avoir fait sauter ce mercredi matin un important oléoduc des compagnies Shell et Agip, rapporte l’AFP. Pour l’heure, aucune des ces dernières agressions n’a été confirmée par les autorités britanniques au Nigeria.

Tout a commencé dimanche, quand le Mend a indiqué dans un communiqué qu’il a déclenché à une 1h du matin, heure locale, « la guerre du pétrole » dénommée « Ouragan Barbarossa ». Raison invoquée: les forces armées du Nigeria ont mené des frappes aériennes et maritimes sur les positions du groupe rebelle. Tout groupe pétrolier et méthanier qui s’approcherait du delta de Niger est menacé. Dans la foulée, le Mend a indiqué avoir détruit ou endommagé des installations pétrolières et avoir tué 22 soldats. Depuis, les attaques et enlèvements se succèdent.

La production pétrolière a baissé de 25% en deux ans à cause du conflit

Le Mend, rappelons- le, affirme se battre pour les populations pauvres du delta du Niger qui fournit à lui seul près de 90% des devises du pays, soit des revenus estimés à 20, 2 milliards de dollars par le gouvernement fédéral. Le groupe rebelle réclame une redistribution équitable en faveur de la majorité de cette population qui vit avec moins d’un dollar par jour.
Ce n’est pas la première fois que des tensions surviennent entre le groupe rebelle et les autorités nigérianes. A plusieurs reprises, le Mouvement a menacé les autorités et les compagnies pétrolières d’actions d’envergure.

La violence et l’instabilité dans cette région durent depuis deux ans. Conséquence : le Nigeria a perdu un quart de sa production quotidienne indique lalibre.be
Selon les chiffres publiés par l’AFP, la production actuelle de ce pays oscille entre 1,8 et 2 millions de barils par jour, alors qu’en 2006 elle avoisinait 2,6 millions de barils par jours. L’ambition des autorités nigérianes d’atteindre 4 millions de barils par jour en 2010 semble désormais difficile en raison des multiples conflits.

Visiblement, le Mend dispose de moyens logistiques et militaires assez importants pour « ruiner l’industrie pétrolière » comme il l’avait promis.

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