Attentats meurtriers à Alger

Deux attentats ont ensanglanté la capitale algérienne, mercredi matin. Ils ont visé le Palais du gouvernement et un commissariat dans la banlieue d’Alger. Les explosions ont fait plusieurs dizaines de morts et de blessés.

Au moins 24 personnes on trouvé la mort et 222 autres ont été blessées, mercredi, selon le dernier décompte de la Protection civile algérienne, suite à une série d’attentats perpétrés à Alger. Une première bombe a explosé sur l’esplanade du Palais du gouvernement. Elle se trouvait dans une voiture piégée dont l’explosion s’est faite entendre à des kilomètres à la ronde. Elle a soufflé les vitres de nombreux immeubles alentours, dont l’immense bâtisse de plusieurs étages qui abrite notamment le ministère de l’Intérieur.
Quelques minutes plus tard, une deuxième bombe a explosé dans la banlieue est d’Alger. Elle visait le commissariat de Bab Ezzouar, situé près de l’aéroport international, dans une zone d’habitation abritant notamment l’université des sciences et des technologies.

Les policiers en uniforme et en civil contiennent la foule traumatisée par ces attentats, et les secours s’organisent pour venir en aide aux victimes. Les deux attentats à l’explosif ont eu lieu quasi-simultanément vers 10H45. La télévision Al-Jazira a annoncé avoir reçu un appel téléphonique dans lequel un interlocuteur, se présentant comme un porte-parole du mouvement Al-Qaïda au Maghreb, a revendiqué les attentats.

L’effort de réconcilitation national menacé

Il s’agit d’actes « criminels et lâches commis au moment où le peuple algérien demande la réconciliation nationale », a déclaré le chef du gouvernement algérien Abdelaziz Belkhadem, à la radio nationale.

Plus de 2.000 personnes ont été libérées aux termes de la Charte sur la réconciliation nationale, entrée en vigueur en février, et 300 islamistes armés ont déposé leurs armes et ont bénéficié de la grâce présidentielle.

Ces deux attentats surviennent cinq jours après un dur accrochage intervenu entre l’armée et un groupe islamiste, samedi soir, à Ain Defla, à l’ouest d’Alger, au cours duquel neuf militaire ont été tués. Et depuis vingt jours, l’armée mène une vaste opération de ratissage en Kabylie.