Attentat raté à Meknès : le kamikaze identifié


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Le kamikaze qui s’est fait exploser sans faire de victimes, lundi, à Meknès, près d’un bus de touristes, était un employé des impôts de sa ville et aurait commis « un acte individuel ». En état d’alerte « maximum » depuis plus d’un mois, les services de sécurité marocains minimisent la portée de son attaque.

Il est ingénieur d’Etat en génie civil, travaillait aux services des impôts de Meknès et le 13 août, date à laquelle il a décidé de faire une bombe de son corps, était son anniversaire, a indiqué lundi Ahmed Damani, le préfet de police de la cité impériale. « Vers 11h45, l’individu dénommé Hicham Dokkali et qui était dans un état de panique a fait exploser, près d’un autocar, à la place Lahdim, une petite bonbonne de gaz contenant des produits très artisanaux », a-t-il précisé. Né en 1977, marié, sans enfants, le jeune homme, qui a eu la main gauche arrachée lors de l’explosion, est actuellement hospitalisé à l’hôpital de Meknès.

Il a commis « un acte individuel », a rapidement jugé le préfet de police. Il s’agit d’« une tentative désespérée des milieux terroristes, face à la vigilance des services de sécurité, consistant dans le renforcement des mesures de sécurité et dans les campagnes d’assainissement menées pour restreindre la marge de manoeuvre des éléments terroristes et lutter contre le terrorisme », a-t-il ajouté. Ses services ont pourtant tout juste ouvert une enquête et sont à la recherche de deux individus qui conversaient avec le kamikaze quelques instants avant qu’il ne se fasse exploser.

Le royaume toujours en état d’alerte « maximum »

Le 6 juillet dernier, en pleine saison estivale, le royaume avait mis toutes ses forces de sécurité en état d’alerte « maximum » pour contrer des « menaces sérieuses d’actions terroristes ». Elles ont alors lancé une vaste campagne contre les milieux extrémistes dans plusieurs villes, dont Meknès, ce qui a permis, selon elles, le démantèlement de plusieurs cellules terroristes.

Dans l’attente des conclusions de l’enquête sur l’attentat de ce lundi, la police ne s’est pas prononcée sur un lien éventuel entre l’attentat manqué et Al Qaïda Maghreb. Ce groupe, essentiellement composé des membres du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (Algérie), qui a changé de dénomination en septembre 2005, a annoncé en juillet dernier qu’il préparait une violente campagne contre les « infidèles » et les forces gouvernementales dans la région, invitant les musulmans à se tenir à l’écart de cibles potentielles.

Le mode opératoire des terroristes marocains semble pourtant éloigné de celui des organisateurs de l’attentat meurtrier à la voiture piégé qui a frappé le 11 juillet dernier une base militaire algérienne, à Lakhdaria (80 Km à l’est d’Alger), ou encore de celui qui a ensanglanté Alger le 11 avril. Le 11 mars et les 10 et 14 avril derniers, six kamikazes s’étaient fait exploser à Casablanca, la capitale économique du royaume alaouite. Un policier avait été tué et 45 personnes blessées, dont neuf grièvement.

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