Attentat en Tunisie : questions autour du tueur de la plage de Sousse

Un jeune Tunisien a ouvert le feu, vendredi 26 juin, sur une plage de Sousse, en Tunisie, tuant 38 personnes et blessant 37 autres. Au lendemain de l’attaque, l’EI a revendiqué l’attentat. Cependant, des questions subsistent quant à sa radicalisation, sa maîtrise des armes et surtout le sang-froid avec lequel il a abattu des innocents qui ont pêché pour avoir voulu… passer des vacances en Tunisie.

Ce jour là, il était vêtu d’un short et d’un T-shirt noirs pour fondre dans la masse avant d’ouvrir le feu sur des touristes étrangers en maillot de bain sur une plage, tuant froidement, en quelques minutes, 38 personnes et faisant 37 blessés. Un bilan alors provisoire. Qui est ce tueur ?

Amateur et passionné de breakdance, le tueur se nomme Seifeddine Rezgui, était un jeune étudiant en master âgé de 23 ans. Originaire de Gaafour une petite ville du gouvernement de Siliana dans le nord-ouest et étudiant à Kairouan à l’Institut supérieur des études technologiques de Kairouan dans le centre du pays, avait une apparence normale, selon les autorités tunisiennes, il était inconnu des services de police, sauf pour avoir été arrêté une fois alors qu’il fumait du cannabis.

Issu d’une famille modeste, le tueur est décrit par ses voisins, amis et proches, qui l’ont vu lorsqu’il s’est rendu à sa ville natale, la veille du drame, comme un jeune homme, normal, sans histoire, poli, réservé et non radicalisé, rien d’alarmant. Un portrait très éloigné d’Abou Yahya al-Qayrawani son nom de « soldat du calif l’EI » qui a semé la terreur sur une des plages de Kantaoui. « Je n’ai rien compris, où s’est-t-il entraîné, où s’est-il procuré l’arme. Je le vois à la télévision tirer comme cela, même un militaire haut gradé ne peut pas tirer comme cela », s’est demandé un de ses oncle sur France 2.

Son entourage n’a donc rien vu venir et personne ne pouvait se douter de ce qui allait se passer. Des voisins dans son quartier à Gaafar ont toutefois déclaré aux médias tunisiens que le jeune homme avait perdu un frère, l’an dernier, tué par la foudre. Et d’après le ministère de l’Intérieur, le jeune homme s’isolait de plus en plus, ces derniers temps. « Dernièrement, ses camarades ont remarqué une espèce de rigorisme, il penchait vers la solitude. Il était plongé dans internet et même à ses amis, il ne voulait pas montrer sur quoi il surfait. Il s’isolait quand il allait sur internet », a assuré Mohamed Ali Al-Aroui, porte-parole du ministère de l’Intérieur.

Le Premier ministre tunisien, Habib Essid, a indiqué que Seifeddine Rezgui n’avait jamais voyagé à l’étranger, mais il est possible que le jeune homme se soit rendu en Libye de façon clandestine.

Le lendemain de la tuerie, l’EI a revendiqué cet attentat et a publié une photo du jeune homme souriant, vêtu d’un t-shirt blanc, encadré de deux kalachnikovs.

L’attentat de Sousse est le pire qu’a connu la Tunisie. Le terrorisme menace le pays depuis la révolution, en 2011 et les actes terroristes ne cessent d’augmenter. Trois mois plus tôt, en mars, la capitale a été touchée par un autre attentat au musée du Bardo qui a fait 22 morts dont 21 touristes étrangers. L’EI avait aussi revendiqué cette attaque. Aujourd’hui, plus de 3 000 terroristes tunisiens ont rejoint les rangs de l’EI en Syrie, Irak ou encore en Libye.