Attentat de Nice : les détails

Un camion a foncé dans la foule, rassemblée sur la Promenade des Anglais à Nice, en France, pour le feu d’artifice du 14 juillet. Au moins 84 personnes ont été tuées. Le chauffeur du camion, abattu par les forces de sécurité, était un Franco-Tunisien.

Huit mois après les attaques terroristes de novembre à Paris, qui avaient fait 130 morts, la France a replongé dans l’horreur. Un camion a foncé sur la foule, massée sur la Promenade des Anglais à Nice pour assister au feu d’artifice du 14 juillet, faisant au moins 84 morts et des dizaines de blessés.

Un camion de 19 tonnes fonce dans la foule

Jeudi 14 juillet 2016 au soir, vers 22h45, au moment où le feu d’artifice de Nice touchait à sa fin, un camion blanc de 19 tonnes a foncé à pleine vitesse dans la foule, qui rassemblait des milliers de personnes dont de nombreux étrangers. Le véhicule a renversé toute personne se trouvant sur son chemin sur une distance de deux kilomètres, et a fini par s’arrêter non loin du Palais de la Méditerranée, un luxueux complexe hôtelier, pneus crevés, porte passager et pare-brise criblés de balles. Il y eut un échange de coups de feu entre le chauffeur et la police avant qu’il ne soit abattu par les forces de l’ordre présentes sur les lieux. Le camion a été loué il y a quelques jours en région Provence-Alpes-Côte d’Azur.

Bilan provisoire de 84 morts, 120 personnes impliquées

Selon le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, aucune prise d’otage n’a suivi l’attaque, infirmant de nombreuses rumeurs qui ont suivi l’attentat. Un périmètre de sécurité a immédiatement été mis en place à proximité de la Promenade des Anglais, totalement bouclée. Un PC sécurité a été installé dans le Palais de la Méditerranée, lui aussi totalement bouclé. Quatre magistrats du pôle anti-terroriste du parquet de Paris, saisi de l’enquête, sont arrivés sur place. Le bilan est encore provisoire. Vers 11h30, on comptait 84 morts, et toujours 18 blessés en état d’urgence absolue. Parmi les victimes, se trouve un haut responsable de la police aux frontières. Plusieurs enfants ont aussi été tués, et une cinquantaine ont été hospitalisés. 120 autres personnes sont impliquées, choquées ou prises en charge par les secours. Une cellule psychologique a été ouverte au Centre universitaire méditerranéen. Une ligne téléphonique pour les familles (04 93 72 22 22) a été mise en place. Le plan ORSEC a été activé.

Attentat le plus meurtrier depuis ceux du 13 novembre

Le chauffeur du camion a été formellement identifié. Il s’agit bien du propriétaire des papiers d’identité retrouvés dans le camion par les enquêteurs. Ce Franco-Tunisien de 31 ans, domicilié à Nice, n’était pas connu des services de renseignement pour radicalisation. Il était en revanche connu de la police pour des faits de droit commun, principalement des violences. La police a mené une perquisition à son domicile, ce vendredi matin. François Molins, procureur de la République de Paris est attendu pour donner plus de détails sur l’avancée de l’enquête lors de sa conférence de presse prévue au palais de justice de Nice à 17 heures.

Attaque pas encore revendiquée

L’attaque n’a pour le moment pas été revendiquée. Toutefois, le mode opératoire et le choix de cette date hautement symbolique évoquent les consignes de groupes djihadistes comme Al-Qaïda ou l’organisation Etat islamique. Un regard dans le rétroviseur nous renvoie en 2014, alors que dans un message audio, le porte-parole officiel de l’Etat islamique, Abou Mohammed Al-Adnani, encourageait ceux qu’il nomme « les soldats du califat » à utiliser n’importe quelle arme disponible pour faire des victimes. « Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle. (…) Débrouillez vous (…) renversez-les avec votre voiture », recommandait-il. A Nice, le conducteur était seul à bord du véhicule. Il reste toutefois à déterminer s’il a pu bénéficier de complicités dans la préparation de l’attentat.

Deuil national de trois jours

Lors d’une allocution télévisée prononcée en pleine nuit depuis le palais de l’Elysée, le Président français, François Hollande, a affirmé que le « «caractère terroriste de cette attaque ne peut être nié », ajoutant que « c’est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste ». Un deuil national de trois jours a été décrété en mémoire aux victimes de cet attentat d’une rare cruauté.