Attaques terroristes au nord-Mali : Paris accuse la Minusma

Pour faire face au retour des groupes armées, Paris a décidé de renforcer temporairement son dispositif dans le nord du Mali, accusant la Minusma qui tarde à s’y déployer d’être responsable de la fragilité de la région.

La situation dans le nord-Mali va de mal en pis avec le retour des groupes armés. Pour y faire face, l’armée française va renforcer temporairement son dispositif dans la région parce que la force de l’ONU, la Minusma, tarde à s’y déployer, a déclaré ce lundi sur RFI le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian.

Paris estime en effet que la Minusma n’a pas fait ce qu’il fallait pour empêcher le retour des groupes armés. « Le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n’a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait.(C’est pourquoi) les forces françaises vont prendre le relais, à Tessalit en particulier, de façon intérimaire », a déclaré Jean-Yves Le Drian. « La Minusma, déployée à 22% seulement au nord de « la boucle du Niger » qui relie Tombouctou et Gao, manquait beaucoup de moyens logistiques au début de son installation », a-t-il noté, sans plus de précisions. « Elle doit poursuivre son déploiement, elle le fera. Cela va se matérialiser très rapidement », a-t-il assuré, évoquant notamment l’arrivée attendue de Casques bleus suédois et néerlandais.

Toutefois, le ministre français a réfuté toute comparaison avec la situation au début de l’opération française Serval en janvier 2013 où « le Mali dans son ensemble était alors menacé dans son intégrité. Il faut que pendant la mise en des œuvre de ces accords, la force française soit davantage déployée au nord pour assurer la sécurisation des décisions ». Jeudi dernier, la France a annoncé qu’elle allait y renforcer ses moyens militaires, en partie redéployés ces derniers mois vers d’autres régions du Sahel, en raison d’une recrudescence d’actes terroristes qui ont visé notamment les contingents tchadien et nigérien de la Minusma. « Il s’agit d’actes résiduels, mais on sent une volonté des groupes armés terroristes de reprendre un peu des positions. C’est dû en grande partie au fait que l’acheminement d’armes par la voie du sud de la Libye est devenu de plus en plus conséquent », a souligné le ministre de la Défense.

Jean Yves Le Drian a également souligné la nécessité de mettre en œuvre désormais « les accords d’Alger », négociés entre Bamako et six groupes rebelles armés du nord du Mali où le gouvernement malien peine à rétablir son autorité. « Il y a un document qui existe, il faut sans doute qu’il soit encore amendé par les différentes parties mais il faut ensuite arriver à sa mise en oeuvre », a-t-il affirmé.