Attaque du Bardo : l’Italie refuse d’extrader un jeune suspect marocain

La justice italienne a rejeté, ce mercredi, la demande d’extradition vers la Tunisie d’un jeune Marocain arrêté en mai dernier et soupçonné de complicité avec les auteurs de l’attentat meurtrier du musée Bardo à Tunis, dans la capitale tunisienne. Le suspect en question risque la peine de mort s’il est extradé vers la Tunisie.

Vers un conflit diplomatique entre l’Italie et la Tunisie ? La justice italienne a rejeté, ce mercredi 28 octobre 2015, la demande d’extradition vers la Tunisie d’un jeune Marocain du nom d’Abdelmajid Touil, arrêté en mai dernier et soupçonné de complicité avec les auteurs de l’attentat meurtrier du musée du Bardo à Tunis. Selon la Cour d’appel de Milan, le fait qu’Abdelmajid Touil risque la peine capitale en Tunisie « représente une raison empêchant son extradition », a indiqué, dans un communiqué, Giovanni Canzio, président de la Cour d’appel de Milan. Une mesure qui peut se justifier aussi du fait que l’Italie n’extrade jamais les justiciables risquant la peine de mort.

« La convention bilatérale d’extradition Italie-Tunisie ne prévoit aucun mécanisme de conversion de la peine de mort en une autre peine de réclusion. En outre, l’autorité tunisienne n’a fourni aucune assurance sur la non-exécution de la peine capitale », explique le président de la Cour d’appel italienne, dans son communiqué. Il précise également que « le refus de l’extradition est accompagné automatiquement de la libération du détenu ».

Agé de 22 ans, Abdelmajid Touil est arrivé en Italie en février sur une embarcation clandestine. Il a été arrêté en mai dernier, soupçonné par le ministère tunisien de l’Intérieur d’avoir apporté un « soutien logistique » aux deux Tunisiens ayant tué 21 touristes et un policier, en mars, au musée du Bardo, à Tunis. Une attaque meurtrière qui avait fait le tour du monde et ému à l’international.

Toutefois, Abdelmajid Touil, qui était en Italie au moment des faits a toujours clamé son innocence. Et le ministère tunisien n’a pas fourni plus de précisions pour justifier son implication dans les attentats. En attendant, le jeune suspect fait toujours l’objet d’une enquête pour terrorisme international et pourrait être poursuivi en Italie.