Assassinat de Brahmi : appel à la grève générale en Tunisie

La Tunisie s’apprête à vivre, ce vendredi, un mouvement de grève nationale à la suite de l’assassinat, ce jeudi, de l’opposant au pouvoir, Mohamed Brahmi. Cet appel à la grève émane d’une puissante centrale syndicale tunisienne, UGTT. Le pays va donc vivre au ralenti au lendemain d’une série de manifestations.

En soutien à Brahimi, la principale centrale syndicale tunisienne (UGTT), a appelé à une grève générale ce vendredi après l’assassinat du député de l’opposition de gauche, Mohamed Brahmi, abattu ce jeudi près de Tunis. La compagnie Tunisair et sa filiale Tunisiar Express comptent bien se joindre à eux en annulant tous leurs vols prévus ce vendredi. Cette grève intervient au lendemain d’une série de manifestations de la population tunisienne profondément choquée et indigné par l’assassinat de Mohamed Brahmi.

Manifestation sur fond de démission du gouvernement

Dès l’annonce de la mort de Mohamed Brahmi, des milliers de Tunisiens se sont rassemblés, jeudi, devant le ministère de l’Intérieur. Les manifestants ont réclamés la démission du gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennadha. Ainsi, des centaines de personnes ont afflué dans le centre de la capitale pour dénoncer l’assassinat, accusant eux aussi le parti Ennahda, qui a démenti toute implication. La famille du défunt a par ailleurs imputé l’assassinat au parti au pouvoir. « J’accuse Ennahda », a déclaré en pleurs Chhiba Brahmi, la sœur du défunt, sans avancer de preuves. Les manifestations, en dépit d’une accalmie due à la rupture du jeûne, ont repris dans la soirée, la police a par ailleurs dû intervenir face à la grogne des manifestants souhaitant la chute du pouvoir islamiste. Plusieurs lieux emblématiques du parti au pouvoir Ennahda ont été saccagés et incendiés. Des manifestations sont notamment prévues, ce vendredi, parallèlement à la grève.

Vers une enquête rapide et transparente ?

La Communauté internationale a dénoncé l’assassinat de Mohamed Brahmi tout en demandant une enquête rapide et transparente. Ainsi, à l’étranger, la France, les Etats-Unis, la Suisse, l’Algérie et le Parlement européen ont dénoncé l’assassinat et la Haut Commissaire de l’ONU aux Droits de l’Homme, Navi Pillay, a demandé « une enquête rapide et transparente ». La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a condamné « avec la plus grande fermeté » l’assassinat, et appelé la Tunisie à une « réponse citoyenne et pacifique » à ce meurtre.

Mohamed Brahmi a été abattu ce jeudi dans la journée par deux hommes qui circulaient en moto devant chez lui, alors qu’il descendait de sa voiture. Selon la télévision Watanya, il a été tué par onze balles tirées à bout portant. Elu à l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mohamed Brahmi, âgé de 58 ans, était fondateur et ancien Secrétaire général du Mouvement du peuple (Echaâb). Il était très critique envers le parti islamiste, Ennadha, au pouvoir. Cet assassinat intervient cinq mois après celui du secrétaire général du Mouvement des patriotes démocrates (Moupad), abattu également devant son domicile à Tunis. Une grève avait par ailleurs été prévue à la suite de cet assassinat, mais annulée par la suite. Se dirige-t-on vers une nouvelle crise politique ?