Assassinat d’un représentant du PNUD en Somalie


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Des individus armés non-identifiés ont abattu le responsable du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Mogadiscio, le 6 juillet, selon des représentants des Nations Unies.

Osman Ali Ahmed, 48 ans, rentrait chez lui avec son fils de huit ans et un cousin après la prière du soir, selon un ami qui se trouvait également à la mosquée. « Trois individus armés attendaient devant la mosquée de Kashka, à Bulo Hubey (sud de Mogadiscio) et l’ont abattu à bout portant ; son cousin a été blessé à la jambe, mais son fils va bien ».

L’homme a raconté que M. Ahmed était mort en route vers l’hôpital à environ 19 h 40, heure locale.

Abdi Haji Gobdon, le porte-parole du gouvernement, a expliqué à IRIN que le gouvernement condamnait ce « meurtre gratuit ».

« Nous le condamnons fermement », a-t-il déclaré. « Les agences de sécurité feront tout ce qui est en leur pouvoir pour traquer les coupables et les traîner devant la justice ».

Selon lui, les individus qui tuent et enlèvent les travailleurs humanitaires « sont des personnes qui veulent voir leurs compatriotes somaliens mourir. Comment peut-on cibler des gens qui ne veulent qu’aider ? Quelle raison possible pourraient-ils avoir de tuer Osman [Ali Ahmed] ? ».

L’assassinat de M. Ahmed est le dernier incident d’une série de meurtres et d’enlèvements de travailleurs humanitaires et de représentants de la société civile à Mogadiscio.

Le 30 juin, quatre travailleurs humanitaires de l’association caritative Water For Life (WFL) étaient tombés dans une embuscade sur la route qui mène d’Afgoye à Mogadiscio.

Le 21 juin, Hassan Mohamed Ali, le directeur du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à Mogadiscio, plus connu sous le nom de « Keynaan », avait été enlevé à son domicile par des hommes armés non-identifiés. Le 22 juin, un défenseur de la paix avait également été tué à Beletweyne, une ville de la région d’Hiiraan, dans le centre de la Somalie. Mohamed Hassan Kulmiye, qui travaillait au Centre de recherche et développement (CRD), une cellule de réflexion locale investie dans diverses initiatives en faveur de la paix, avait été abattu par des individus non-identifiés.

Quelques jours plus tôt, un employé de CARE International, dont le nom n’a pas été dévoilé, avait également été enlevé près d’el Dheer, une ville de la région de Galgudud. Il était le deuxième employé de CARE à être enlevé en six semaines.

« Il semblerait qu’une campagne concertée soit menée à l’encontre des travailleurs humanitaires et de la société civile. Nous ne savons pas qui est derrière tout cela ni pourquoi », a récemment déclaré à IRIN une source de la société civile, ajoutant que cette situation avait suscité « un degré de peur jamais observé auparavant chez les travailleurs humanitaires et au sein de la société civile, forçant bon nombre de personnes à limiter leurs activités ou à y renoncer complètement ».

« Si cela continue, il sera impossible de trouver des personnes disposées à travailler pour les organisations humanitaires, et cela ne fera qu’ajouter aux souffrances du peuple somalien », a déclaré la source à IRIN, le 7 juillet.

Selon les estimations des travailleurs humanitaires, 2,6 millions de Somaliens ont besoin d’aide, et ils devraient être 3,5 millions d’ici à la fin de l’année si la situation humanitaire ne s’améliore pas, d’après les Nations Unies.

Le PNUD a condamné le meurtre ciblé de M. Ahmed. L’agence a déclaré dans un communiqué que « M. Ahmed était un employé de longue date du PNUD qui avait consacré sa vie à améliorer [la situation dans] son pays. Très professionnel et dévoué, M. Ahmed manquera terriblement à tous ses collègues du PNUD ». « Nous adressons nos plus sincères condoléances à son épouse et à sa famille », a ajouté l’agence.

Ahmed, qui a été inhumé le 7 juillet, laisse derrière lui deux veuves et cinq enfants.

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