Arrestation de Laurent Gbagbo : les réactions

L’ancien président ivoirien a été interpellé lundi après-midi à la résidence présidentielle. Depuis, les réactions des responsables politiques nationaux, internationaux et celles des organisations abondent. Des soutiens et des détracteurs.

 Alassane Ouattara, président de Côte d’Ivoire, a annoncé dans un discours diffusé par la Télévision de Côte d’Ivoire (TCI), le lancement d’une « procédure judiciaire contre Laurent Gbagbo, son épouse » et ses collaborateurs. Il a précisé que « toutes les dispositions sont prises » pour assurer leur « intégrité physique ». Il a aussi appelé les Ivoiriens à « s ’abstenir de tout acte de représailles ou de violences », réitérant sa « volonté » de créer une « commission vérité et réconciliation » pour faire la lumière sur les violations des droits de l’Homme. Le pays est « à l’aube d’une nouvelle ère d’espérance », a-t-il affirmé.

 Le Premier ministre ivoirien Guillaume Soro a pris la parole à 14 heures 30 (16h30 à Paris) déclarant : « Laurent Gbagbo et son épouse viennent de se rendre (…) Peuple de Côte d’Ivoire, séchez vos larmes, le cauchemar est terminé ».

 Claude Guéant, a été le premier ministre français à prendre la parole à ce sujet. « Après les malheurs qui ont frappé ce pays, il va enfin connaître la paix et un regain d’essor économique. Il le mérite », a estimé le ministre français de l’Intérieur.

 Sur France Info cet après-midi, le socialiste français Guy Labertit, proche de Laurent Gbagbo qui a été le « Monsieur Afrique du PS » entre 1993 et 2006 déclarait : « Le premier scandale, c’est le rôle que la France a joué. D’abord des pilonnages incessants. (…). C’est l’une des pages les plus sombres de la Françafrique qui nous ramène soixante ans en arrière. »

 Pour la secrétaire d’Etat américaine Hillary Clinton, l’arrestation du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo « envoie un signal fort à tous les dictateurs qui ne peuvent pas mépriser en toute impunité la voix de leurs peuples ».

 Gérard Longuet, le ministre français de la Défense a précisé à 18 heures que « Laurent Gbagbo est actuellement sous le contrôle du président Alassane Ouattara », à l’hôtel du Golf. Au sujet de l’arrestation, il a expliqué qu’il s’agissait « d’une opération in fine entre Ivoiriens », et a reconnu un simple « soutien » au force républicaine de Côte d’Ivoire.

 Quelques heures plus tôt, Alain Toussaint, le conseiller européen de Laurent Gbagbo, affirmait que « les forces spéciales françaises avaient arrêté le président ».

 L’organisation Human Rights Watch (HRW) demande à ce que le président ivoirien sortant soit jugé. « Laurent Gbagbo ne devrait pas bénéficier d’un exil doré à l’étranger qui l’exempterait de poursuites pour crimes contre l’humanité », estime l’organisation dans un communiqué.

 Elle pourra trouver une réponse dans la déclaration deYoussoufou Bamba, l’ambassadeur de Côte d’Ivoire auprès de l’Onu qui a déclaré que « M. Gbagbo a été arrêté. Il est en vie et en bonne santé et il sera présenté devant la justice pour les crimes qu’il a commis ».

 Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague a demandé à ce que « Laurent Gbagbo (soit) traité avec respect malgré ses agissements contre tous les principes démocratiques ».

 Pour Jerzy Buzek, le président du Parlement européen : « Alassane Ouattara doit maintenant confirmer ses qualités d’homme d’État et prendre des mesures concrètes pour favoriser la réconciliation nationale, y compris parmi les forces armées ».