Après le Soudan, le Tchad criminalise l’excision

Comme le Soudan, il y a pas longtemps, le Tchad vient de prendre la décision considérant l’excision des femmes comme un crime.

Selon une estimation de l’Organisation des Nations Unies (ONU), plus de 200 millions de femmes et de filles ont subi, à travers le monde, des mutilations génitales féminines.

Bien qu’interdite par la loi, la pratique de l’excision est en train de prendre des proportions démesurées au Tchad. Alors, l’Eglise catholique et la Commission nationale des droits de l’Homme viennent d’alerter les autorités dans ce sens. Il faut faire appliquer cette loi et poursuivre en justice les exciseuses car, selon eux, la sensibilisation à elle seule ne suffit plus. Des statistiques données par l’ONU rapportent qu’au Tchad, au moins 80% des filles sont excisées, entre 5 et 14 ans.

Même si cette ablation totale ou partielle du clitoris est condamnée par le code pénal tchadien, les autorités ont toujours préféré la pédagogie à la sanction. Mais, si ce procédé a fonctionné pendant un temps, ce n’est plus le cas aujourd’hui. En effet, les exciseuses et leurs complices défient désormais les autorités, considère-t-on.

« Là, nous sommes fatigués ! Nous sommes fatigués de faire de la sensibilisation. Comme ils disent « on n’a pas de prison ». Ils peuvent donc faire ce qu’ils veulent », s’indigne l’abbé Allahissem Prosper, très impliqué dans la sensibilisation contre les mutilations génitales féminines.

Criminalisée au Soudan

Dans un pays comme le Soudan, les autorités de transition ont adopté, début mai, l’amendement d’un article du Code pénal qualifiant désormais de crime la mutilation génitale féminine, autrement dit l’excision. Une réforme saluée par l’Unicef et les défenseurs des droits de femmes.

Dans ce pays où, selon les chiffres de l’Unicef, neuf femmes sur dix sont victimes de cette pratique, l’excision d’une femme est désormais punie de trois ans de prison et d’une amende. Que cela soit pratiqué dans un établissement médical ne change rien.