Après avoir fricoté avec le Soudan, BNP Paribas résistera-t-elle aux sanctions ?

Le groupe français BNP Paribas est frappé par une amende historique de 8,9 milliards de dollars après avoir violé des embargos américains, sur le Soudan notamment. Selon le régulateur de la finance en France, la banque serait suffisamment solide pour absorber le choc.

Après des mois de négociations, BNP Paribas a dû se résigner. Afin d’éviter un procès qui pourrait être catastrophique, pour avoir violé des embargos américains, le groupe français, qui a plaidé coupable lundi dernier, devra s’acquitter d’une amende record de 8,9 milliards de dollars auprès des autorités américaines. C’est un employé de la banque à Wall Street qui s’est rendu devant un tribunal de Manhattan pour répondre aux chefs d’accusation. Sans détour, BNP Paribas a reconnu avoir violé des embargos américains sur le Soudan, mais aussi Cuba et l’Iran.

La sanction est sévère. Outre l’amende pharaonique de 8,9 milliards de dollars, soit 6,5 milliards d’euros, c’est-à-dire l’équivalent d’une année de résultat, BNP Paribas sera également privé d’accès au dollar pour certains financements liés au négoce des matières premières. La sanction, qui se prolongera une année, débutera dès janvier 2015. Enfin, 13 salariés de la banque, dans le collimateur de Washington, devront quitter le groupe.

La solvabilité de BNP Paribas

L’ampleur de ces sanctions largement relayées dans la presse américaine scandalise l’Hexagone : « Nous sommes en droit de demander un certain équilibre » dans la punition infligée, avait encore répété dimanche le ministre de l’Économie, Arnaud Montebourg.

De son côté, le directeur général de BNP Paribas, Jean-Laurent Bonnafé, a reconnu, dans un courrier à ses salariés, les « erreurs » commises par la banque. Il devrait répondre de la même manière aux déclarations américaines et doit expliquer à ses investisseurs la façon dont il entend financer l’amende.

Ce scénario cauchemardesque ne devrait pas mettre en péril l’avenir de BNP Paribas, estime l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), qui est en quelque sorte le gendarme des banques. Dans un communiqué, elle constate « que le groupe présente une situation de solvabilité et de liquidité tout à fait solide, qui va lui permettre d’absorber les conséquences anticipées de ces sanctions ».