« Amour » de Michael Haneke remporte la Palme d’Or

Amour de Michael Haneke a décroché la Palme d’Or à Cannes ce dimanche, la deuxième de sa carrière. Cette plongée au cœur des sentiments d’un couple d’un certain âge a conquis le jury de Nanni Moretti qui n’a accordé aucun prix à Après la bataille de l’Egyptien Yousry Nasrallah, seul film africain en compétition.

Le cinéaste autrichien Michael Haneke a remporté ce dimanche la Palme d’Or de la 65e édition du Festival de Cannes avec le film Amour. La vie du couple d’octogénaires, Anne et Georges, incarnés respectivement par Emmanuelle Riva et Jean-Louis Trintignant, est mise à rude épreuve par l’accident d’Anne. Le long métrage, une émouvante ode à l’amour, a été saluée par la critique qui pronostiquait cette Palme d’Or. En recevant pour la deuxième fois ce prix (Le Ruban blanc, 2009), Haneke rentre dans un club très fermé composé notamment par Francis Ford Coppola (Etats-Unis), Bille August (Danemark), Emir Kusturica (Serbie), Shohei Imamura (Japon) ou encore Luc et Jean-Pierre Dardenne (Belgique).

Le Grand Prix du Festival de Cannes a été décerné à Reality de Matteo Garrone, récit des ravages de la télé-réalité sur un père de famille napolitain. Le cinéaste italien l’avait déjà reçu, il y a 4 ans, pour Gomorra (2008). Post tenebras Lux du Mexicain Carlos Reygadas, chronique du retour à la campagne d’une famille qui vivait à Mexico, s’est vu remettre le Prix de la mise en scène. The Angel’s Share (La part des Anges) du britannique Ken Loach décroche le Prix du Jury, présidé par le réalisateur italien Nanni Moretti. Fidèle à lui-même, le réalisateur britannique livre une comédie sociale pleine d’espoir. Elle retrace les aventures de Robbie, un jeune délinquant, qui grâce à une peine de travaux d’intérêts public va s’initier à l’art du whisky.

Rien pour Yousry Nasrallah

Le Roumain Cristian Mungiu, qui signe Au-delà des collines (Dup? dealuri), repart avec le Prix du scénario. Son long métrage s’intéresse au parcours de deux femmes dont l’une a découvert Dieu. Les deux actrices roumaines d’Au-delà des collines, Cristina Flutur et à Cosmina Stratan, se partagent le Prix d’interprétation féminine. Le prix d’interprétation masculine revient, quant à lui, au comédien danois Mads Mikkelsen pour sa performance dans La Chasse (Jagten) de son compatriote Thomas Vinterberg (Festen, 1998). Il y interprète avec justesse et subtilité le drame d’un homme, employé dans un jardin d’enfants, qui voit sa vie basculer à cause d’une rumeur. Le Jury œcuménique du festival a également attribué son Prix à La Chasse. Après la Bataille (Baad el Mawkeaa) de l’Egyptien Yousry Nasrallah, incursion dans l’Egypte post-révolution et unique fiction représentant le continent africain dans la compétition cannoise, repart bredouille.

La 65e édition du Festival de Cannes a également distingué de nouveaux talents. Silencieux (Sessiz-be Deng) du Turc L. Rezan Yesilbas décroche la Palme d’or du court métrage. La Caméra d’or, qui récompense un premier long métrage, est allée à Benh Zeitlin, jeune réalisateur américain de 29 ans. Son œuvre présentée à la section « Un Certain regard », Les Bêtes du Sud sauvage (Beasts of the Southern Wild ), est un magnifique film dont l’action se déroule en Louisiane. Son héroïne, la valeureuse Hushpuppy, est une fillette incarnée par la remarquable Quvenzhané Wallis. Le jury de la Fédération internationale de la presse cinématographique (Fipresci), avait attribué ce samedi son prix « Un Certain regard » au film américain, tout comme le Jury œcuménique qui lui a décerné une Mention spéciale.

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