Algérie: Zak Ostmane soutient Amina, la femen tunisienne

Le silence d’Amina a suscité et suscite encore beaucoup d’inquiétude. Cette inquiétude a engendré une pluie de commentaires positifs à l’égard de la jeune lycéenne de 19 ans, menacée de mort. Après l’indignation, le mépris et la colère, les réseaux sociaux observent, à contrepied, une toute récente vague de soutien vis-à-vis d’Amina Tyler, la première Tunisienne à avoir revendiqué son appartenance au groupe des Femen.

Un Algérien du nom de Zak Ostmane, 33 ans, étudiant résidant à Alger s’est publiquement engagé en faveur des Femen tunisiennes et apporte ainsi son soutien à Amina.

Les photos à la poitrine exhibée des jeunes femmes sur laquelle on pouvait lire « Mon corps m’appartient et n’est source d’honneur pour personne » ou « Fuck your morals » ont fait couler beaucoup d’encre en Tunisie comme ailleurs; y compris en Algérie. Identifiée sous le nom d’Amina Tyler, la première Femen tunisienne a fait scandale en Tunisie. De nombreuses réactions très virulentes à son sujet ont suivi et ont fait place à une des formes les plus extrêmes de violence : la menace de mort.

« Personne ne doit avoir le pouvoir de vie ou de mort sur nous »

C’est sur ce point précis qu’une levée de boucliers ne s’est pas faite attendre : la vie de la jeune lycéenne était en jeu. La réaction de Meryem, seconde Femen tunisienne, fut quasiment immédiate : « Personne ne doit avoir le pouvoir de vie ou de mort sur nous. Je soutiens Amina et toutes les femmes arabes. Meryem de Tunisie ». Depuis des personnalités connues et reconnues dans le monde arabe se sont, à leur tour, mobilisées au nom de la liberté et de l’égalité des sexes.

Premier homme dans le mouvement féministe Femen

Défini comme « laïque et démocrate », Zak Ostmane, ce jeune algérien qui vient porter son soutien à sa voisine tunisienne, est un précurseur en la matière. C’est une première dans l’histoire du mouvement; à la fois parce qu’aucun homme avant Zak ne s’était dit appartenir au groupe féministe des Femen et aussi parce que Zak Ostmane est le premier par lequel s’implante le mouvement en Algérie. De ce fait, il renverse le schéma attendu et se présente comme la première version masculine des Femen. Pour ce faire, il s’est lui aussi mis à nu sur les réseaux sociaux arborant pour message : « Free Amina » (Amina Libre).

« Elle n’a fait de mal à personne »

Par cet acte, cet Algérien de 33 ans prend la défense de la Femen tunisienne « pourchassée et menacée de mort alors qu’elle n’a fait de mal à personne », s’est-il confié à Algérie-focus.com. Estimant qu’« en agissant de la sorte, Amina n’a pas voulu provoquer qui que ce soit. Elle utilise son corps qui lui appartient pour défendre ses droits et dénoncer l’oppression des femmes. Montrer sa poitrine nue pour faire avancer la cause des femmes opprimées victimes d’injustices et de sexisme est une forme de protestation et de revendication et non de la prostitution ou de la pornographie » a-t-il fustigé.

Une société d’hypocrites

Il ne s’est pas arrêté là et a poursuivi en frappant de plus bel: « Quand des islamistes recourent à la brutalité et à la violence pour faire avancer leur cause, cela ne gêne personne. Mais quand une femme ose s’émanciper et briser les carcans de la société, tout le monde crie au scandale. C’est de l’hypocrisie ! ». Fort des nombreux messages de soutien des figures intellectuelles algériennes notamment, il se dit prêt à braver d’autres interdits si la situation l’y oblige.

Pour l’heure, force est de constater que ce geste qu’on l’approuve ou non place un débat des plus importants dans ses sociétés arabes qui prétendent à la démocratie.