
Le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, a ordonné la modification du Code pénal avant le 15 septembre afin de rétablir la peine de mort, avec exécution, pour les personnes impliquées dans des incendies volontaires. Cette décision intervient après les feux qui ont touché plusieurs wilayas du nord, du centre et de l’est de l’Algérie. Le bilan officiel communiqué fait état de 12 morts et de 54 blessés à Béjaïa, dont six dans un état grave.
La peine de mort est au centre des mesures annoncées par Abdelmadjid Tebboune après les incendies meurtriers qui ont frappé plusieurs régions algériennes à partir du 26 août. Le président de la République algérienne a donné, le 30 août, des instructions pour modifier le Code pénal avant le 15 septembre afin de prévoir à nouveau la peine capitale, avec exécution, contre les personnes reconnues impliquées dans des incendies volontaires.
Tebboune ordonne une modification du Code pénal
L’annonce a été faite lors d’une réunion consacrée aux conséquences des feux, en présence de hauts responsables civils et militaires. Abdelmadjid Tebboune a demandé au ministre de la Justice de préparer la modification du Code pénal dans un délai fixé au 15 septembre. La mesure annoncée concerne les personnes impliquées dans l’allumage volontaire d’incendies. Le chef de l’État a précisé que les condamnations à mort seraient exécutées après l’épuisement des voies de recours.
L’annonce intervient alors que les autorités algériennes enquêtent sur les circonstances des différents départs de feu. Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et des Transports, Saïd Sayoud, avait annoncé le 27 août l’ouverture d’enquêtes approfondies. Les services de sécurité doivent déterminer l’origine des incendies et établir les responsabilités éventuelles. La piste criminelle avait été évoquée par le dirigeant qui a demandé l’ouverture d’une enquête..
Un moratoire sur les exécutions depuis 1993
L’Algérie n’a procédé à aucune exécution depuis 1993. La peine de mort demeure toutefois prévue par la législation algérienne pour certaines infractions et des tribunaux peuvent continuer à prononcer des condamnations capitales. Amnesty International indique que le moratoire de fait sur les exécutions est en vigueur depuis 1993.
En juillet 2026, les autorités algériennes avaient déjà adopté des modifications de la législation sur les stupéfiants introduisant la peine capitale pour plusieurs infractions liées au trafic et à l’usage illicite de certaines substances. Aucune exécution n’avait été réalisée depuis 1993. Les feux déclarés à partir du 26 août ont particulièrement touché les wilayas de Jijel, Béjaïa et Tizi Ouzou. Le bilan communiqué par le ministre de l’Intérieur fait état de 12 décès : cinq à Jijel, quatre à Béjaïa et trois à Tizi Ouzou.
193 incendies recensés dans plusieurs wilayas
À Béjaïa, 54 personnes ont également été blessées, dont six grièvement. Plusieurs victimes ont été transférées vers l’hôpital des Grands Brûlés de Zéralda. Les patients souffrant des brûlures les plus importantes ont été pris en charge dans les services spécialisés, notamment en réanimation. Des responsables gouvernementaux se sont rendus dans plusieurs établissements hospitaliers pour suivre la prise en charge des blessés.
Un bilan de la Protection civile arrêté jeudi à 7 heures faisait état de 193 incendies de végétation recensés à travers le territoire algérien. Parmi eux, 147 avaient été maîtrisés et 46 étaient encore actifs dans 13 wilayas. Jijel, Béjaïa et Skikda comptaient chacune sept foyers encore actifs. El Tarf et Tizi Ouzou en comptaient cinq chacune, tandis qu’Annaba et Guelma en comptaient quatre. Les opérations d’extinction ont mobilisé des moyens terrestres et aériens de la Protection civile.
Tebboune évoque les conditions météorologiques
Lors de ses échanges avec les victimes hospitalisées, Abdelmadjid Tebboune a évoqué plusieurs facteurs ayant favorisé la propagation des incendies. Il a notamment cité les vents violents, dont la vitesse aurait dépassé 100 kilomètres à l’heure dans certaines zones, ainsi que les conditions météorologiques. Ces conditions ont également affecté les opérations d’extinction par voie aérienne. Le Président algérien a parallèlement demandé que les enquêtes établissent les circonstances précises des départs de feu.
Les autorités n’ont toujours pas publié de conclusion générale établissant une origine criminelle pour l’ensemble des incendies. Le 30 août, Abdelmadjid Tebboune a observé une minute de silence avec de hauts responsables militaires et civils en hommage aux victimes des incendies. La Présidence algérienne avait organisé cette séquence lors de la réunion consacrée à la prise en charge des conséquences des feux. Le Président algérien avait auparavant décrété trois jours de deuil national à compter du 27 août.
Indemnisation des sinistrés
Cette décision a entraîné le report de plusieurs activités publiques. La Fédération algérienne de football a notamment reporté la première journée du championnat de Ligue 1 Mobilis, initialement programmée les 27, 28 et 29 août, aux 3, 4 et 5 septembre. Abdelmadjid Tebboune a également annoncé l’indemnisation des personnes ayant perdu leur logement, leurs biens, leur cheptel ou leurs vergers dans les incendies. Il a fixé à la mi-septembre l’échéance annoncée pour ces indemnisations.
Le Premier ministre Sifi Ghrieb a indiqué, le 28 août, que le Président avait donné des instructions pour garantir une prise en charge complète des blessés et des sinistrés et répondre rapidement aux besoins exprimés par les populations touchées. La Protection civile a annoncé dimanche 30 août que les incendies de forêt déclarés entre le 26 et le 30 août dans plusieurs wilayas avaient été circonscrits et totalement maîtrisés. Cette annonce est intervenue le même jour que la réunion présidée par Abdelmadjid Tebboune sur les conséquences des incendies.




