Algérie : plusieurs partis boycottent déjà les présidentielles

Le RCD, le FFS, El Islah… ne participeront pas, en avril, au prochain rendez-vous électoral. Le boycott de plusieurs formations politiques algériennes renseigne sur le peu d’engouement que suscite cette échéance.

Notre correspondant en Algérie

Le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) de Saïd Sadi est la première formation politique qui a annoncé qu’elle ne participerait pas à la prochaine joute électorale. Le Dr Saïd Sadi, qui considère ce boycott comme un « devoir civique », a même décidé de geler ses activités publiques, en raison du verrouillage systématique de la société algérienne.
Un autre pôle politique et non des moindres, le Front des forces socialistes (FFS), qui est le plus vieux parti d’opposition en Algérie, s’inscrit dans la même logique.

Le boycott des présidentielles du mois d’avril prochain, au motif que « les jeux sont faits d’avance », jette le doute et l’incertitude quant à l’instauration d’une véritable démocratie à laquelle aspire pourtant le peuple algérien. Le leader du parti islamiste El Islah se joint également à ce pôle affichant clairement son intention de ne pas être candidat à la prochaine élection présidentielle. Abdellah Djaballah parle de « mer agitée » et sa non participation ne signifie aucunement, selon lui, « la fin du militantisme » et de l’aspiration aux principes démocratiques.

L’opposition jette le discrédit sur les élections à venir

Ce n’est pas tout. L’ancien président, Liamine Zeroual, ne cache pas son attachement aux vrais principes démocratiques en Algérie. Il le réitère à chaque fois que l’occasion se présente. En effet, c’est lui qui est à l’origine d’un amendement de la constitution limitant les mandats présidentiels à deux.

L’amendement apporté à cet article n’est pas du tout du goût du président sortant, qui milite en faveur de l’instauration d’une démocratie réelle dans le pays. La démocratie qui reste, pour lui, la seule voie menant vers une sortie de crise. Les défections risquent de ne pas se limiter aux leaders sus mentionnés. D’autres pourraient leur emboîter le pas dans un contexte où la suspicion reste pesante.

Nombreux observateurs qualifient ces présidentielles de « mascarade » dans un contexte qui n’est pas bien différent de celui de 1999, marqué par le retrait de six candidats en lice à la magistrature suprême. Cependant, dans le cercle de l’alliance présidentielle, l’on ne cesse de parler de garanties de transparence et de lucidité, non sans appeler les citoyens à participer massivement aux élections.