Algérie : nouvelles taxes sur l’achat de véhicules neufs

Les nouvelles taxes imposées par l’Etat aux acquéreurs de véhicules neufs et aux concessionnaires a suscité la colère de certains partis politiques et de la population, qui jugent la mesure inappropriée dans un contexte de morosité économique. Les taxes varient entre 50 000 et 120 000 dinars, selon le confort du véhicule, sa puissance et la nature du carburant qu’il consomme.

« Injuste ». C’est ainsi que le Parti des travailleurs (PT) de Louiza Hanoun qualifie la décision du gouvernement d’imposer de nouvelles taxes sur l’achat de véhicules neufs. Le PT n’est pas le seul à rouspéter. La société civile est montée au créneau, le parti Enahda parle de mesure « injuste et incompréhensible » et de nombreux citoyens estiment que, le pouvoir d’achat étant déjà « érodé », une telle initiative est « injustifiable » et « antisociale ».

La loi de finance complémentaire prévoyant l’instauration de taxes sur l’achat et la vente de véhicules neufs entrera en vigueur dans les semaines à venir. Les taxes varieront entre 50 000 et 120 000 dinars (entre 526 et 1 300 euros environ), selon le confort du véhicule, sa puissance et la nature du carburant qu’il consomme. Du coup, elles provoqueront une flambée des prix sur le marché automobile. Une flambée que les Algériens anticipent : beaucoup se ruent chez les concessionnaires avant que les taxes ne soient appliquées.

Le gouvernement se justifie

Le gouvernement s’est affairé à expliquer le bien-fondé des nouvelles taxes aux acquéreurs de véhicules neufs et aux concessionnaires. Le ministre des Finances, Karim Djoudi, a indiqué cette semaine que la mesure controversée a pour objectif immédiat de subventionner le prix du ticket des transports en commun.

L’Etat investit en effet dans le développement du métro et du tramway, qui verront le jour dans moins d’une année, mais il estime que ses efforts financiers doivent être soutenus par une contribution des usagers, des concessionnaires et d’autres acteurs de la société. Faute de quoi, ces nouveaux moyens de locomotion se révèleront inabordables pour les Algériens.

Autre argument du pouvoir pour justifier ses taxes : elles entrent dans sa stratégie de régulation du marché automobile et participent à obtenir des constructeurs qu’ils produisent et créent des emplois en Algérie. Le but étant que le pays passe enfin au statut de producteur.