Algérie : les accessoires de plage font recette

Eté et vacances obligent, les accessoires de plage envahissent les étals des marchés urbains de l’Algérois. Il y en a pour tous les âges et toutes les bourses. Un bonheur pour enfants qui ne doit pas faire oublier les règles simples d’utilisation pour éviter les accidents.

De notre partenaire El Watan

L ‘esprit farniente, les enfants ne connaissent pas. Pour eux la plage, ce sont d’abord des jeux aquatiques, les châteaux de sable et les batailles d’eau. Alors pour faire plaisir à leur progéniture, les parents se ruent sur tout ce qui pourrait les occuper en cette saison estivale. Une aubaine inespérée pour les commerçants. Bouées, matelas pneumatiques, seaux, râteaux, tubas, palmes, pelles et pour les plus gâtés, brouettes grandeur nature dotée de kits de construction… Les produits algériens sont assez abordables (la brouette vaut 450 dinars, les seaux et le lot de pelle et râteau coûtent entre 100 et 250 dinars), mais ils sont rares sur le marché. Les produits fabriqués localement n’ont pas trop la cote. Ce sont ceux provenant de Chine qui sont les plus proposés. Le commerce des jouets et autres accessoires de plage est estampillé à 95% made in China.

Châteaux de sable

C’est parfois très cher mais les mères de famille sont toutes d’accord : la qualité et surtout la tranquillité n’ont pas de prix. La brouette chinoise, plus attractive parce que plus imposante par le design, coûte 1 200 dinars. Le même prix qu’une petite piscine de 152 sur 25 cm. Pour une plus grande (244 sur 46 cm) toujours made in China, il faudra débourser 2 950 dinars. Quant aux bouées, les plus simples sont cédées à 350 dinars alors que celles en forme d’animaux, crocodiles ou dinosaures, le sont aux alentours de 850 dinars, selon la taille, la qualité et la provenance.

La plupart des parents ne considèrent pas vraiment les bouées comme des jouets. Pour eux, c’est d’abord une façon d’assurer à leurs enfants un minimum de sécurité. Paradoxalement, quand il s’agit d’achat de jouets, ces derniers ne se soucient presque jamais des normes de sécurité. Pourtant, sur la totalité des emballages figurent les conseils d’utilisation et les mentions se rapportant aux différents risques. Les petites billes en plastiques qui font office de balles et qui accompagnent parfois les pistolets à eau atterrissent très souvent dans les narines des petits et, au pire, dans leur gorge ! En ce qui concerne les piscines, très peu de gens savent que quelques secondes d’inattention peuvent conduire un bébé à la noyade.

Attention danger !

La mention « Ne jamais utiliser sans surveillance » apparaît sur tous les emballages en une dizaine de langues étrangères. Généralement, tous les jouets indiquent, sur un coin de la boîte, l’âge minimum à atteindre avant que l’enfant ne puisse se servir en toute sécurité de l’objet. Ainsi, un enfant de moins de 3 ans n’est pas censé se servir d’un pistolet à eau. La majorité des vendeurs affirment que souvent les parents ne prêtent pas attention à ce genre de détails. « Je n’ai qu’une cliente qui vérifie toujours », affirme un commerçant de la côte. « Elle est médecin aux urgences et elle voit chaque semaine des parents affolés parce que leur gamin a avalé la pièce d’un jouet. » Certains vendeurs se déchargent de toute responsabilité alors que d’autres estiment que c’est à eux de mettre en garde les parents pressés et inattentifs. « Sont-ils capables de nous conseiller correctement ? », se demande un consommateur. « Ils nous vendent des bouées l’été, ils nous vendrons des fournitures scolaires en septembre ! » Pour ce clients sceptique, il n’y a pas que les yeux des enfants qui brillent à l’approche de l’été…

Par Meriem Amellal