Algérie : le Premier ministre incite les jeunes à travailler

Le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, s’est adressé aux Algériens. « On vous donne de l’argent, mais il faut travailler », a-t-il déclaré. Le gouvernement algérien a fait du travail des jeunes son cheval de bataille.

(De notre correspondant)

Les Algériens sont tenus de ne pas rechigner devant l’effort. Une thèse que le gouvernement défend pour inciter les jeunes, surtout, à travailler davantage. Une étude internationale de l’organisme européen INSEAD effectuée fin 2012, aurait abouti, selon certaines sources, à la conclusion que les Algériens sont très peu productifs par rapport à d’autres peuples de la planète. Et les résultats de cette enquête font froid dans le dos. L’Algérien produit à peine 6,2 dollars en une heure de travail. Ce qui reste, bien entendu, insignifiant. Devant cet état de fait, les autorités de l’Algérie semblent résolument décidées à prendre le taureau par les cornes. Et d’y apporter des correctifs nécessaires. Pousser les Algériens à plus d’effort est devenu leur crédo. « On vous donne de l’argent, mais il faut travailler », a déclaré le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal.

L’Algérie avec l’embellie financière connait une période de vache grasse. Les jeunes contractent des crédits à taux bonifiés pour créer leurs entreprises. Ce qui n’existe pas dans tous les pays du monde.
« L’Etat vous donne la chance de contracter des crédits à taux bonifiés pour créer vos entreprises, alors allez-y », a martelé le Premier ministre en direction des jeunes de Laghouat. Le chef du gouvernement s’est exprimé dans un langage correcte, clair et ne laissant aucune place à l’équivoque. Il a annoncé que le prêt bancaire bonifié à 100%, accordé aux jeunes du Sud et des Hauts-Plateaux, sera étendu aux 48 wilayas (régions) de l’Algérie. Ce qui est d’une importance capitale pour les jeunes en voie de lancer des entreprises et produire non sans la création de l’emploi. « Le taux d’intérêt de 1% imposé aux crédits bancaires sera annulé de manière définitive pour tous les projets d’investissement réalisés par les jeunes à travers le pays», a-t-il assuré.

En Algérie, cette politique d’emploi de jeunes a porté les fruits escomptés. Certains jeunes entrepreneurs ont même réussi à créer des emplois et de la valeur ajoutée. « Il y a plus de 75% des souscripteurs qui ont déjà commencé à payer », a précisé Abdelmalek Sellal qui est en tournée dans le sud de l’Algérie pour s’adresser aux jeunes qu’il a voulu pousser à plus d’effort et de rigueur. L’Etat algérien est déterminé à aider les jeunes à monter leurs affaires. Il va ainsi mettre en place des dispositifs pour les conseiller et les orienter. C’est dire que la balle est, désormais, dans le camp des jeunes qui ne doivent pas rechigner devant l’effort puisque le gouvernement continue de les encourager pour contracter des crédits à taux bonifiés.

« Pour être sincère, l’Etat algérien nous a aidés beaucoup. Je ne pense pas que les jeunes dans les autres pays du monde, même en Europe, bénéficient d’autant de largesses. J’ai, en ce qui me concerne, bénéficié d’un crédit que je m’échine à positiver pour monter mon entreprise et travailler arrache-pied pour réussir », nous fait remarquer un jeune entrepreneur dans la région de Kabylie.