Algérie : le mandat de Bouteflika prolongé de 2 ans, l’opposition accuse

La prolongation de l’actuel mandat présidentiel d’une période de deux ans, qui se profile à l’horizon, donne des sueurs froides à la classe politique qui y voit déjà une compromission de l’avenir démocratique du pays. le parti d’opposition, Mouvement de la société pour la paix, y voit une action « absurde et folklorique ».

(De notre correspondant à Alger)

La réforme politique en Algérie devient de plus en plus le point focal de la classe politique. Le parti du Mouvement de la société pour la paix (MSP) d’Abderrezzak Mokri sort du lot à quelques encablures des élections présidentielles de 2014, dont la tenue s’avère d’ores et déjà incertaine. En effet, la rumeur se fait de plus en plus persistante. Le Président Abdelaziz Bouteflika pourrait reporter la Présidentielle, prévue en 2014, et prolonger son mandat de deux ans. Rien d’officiel pour l’instant, mais dans l’opposition on envisage, avec inquiétude, ce scénario. Pour beaucoup, c’est le prétexte de la prochaine révision constitutionnelle qui ne laisse aucunement indifférent le président du MSP y voit une action « absurde et folklorique ».

« Je ne peux même pas imaginer un instant ce qui est rapporté ces jours-ci à ce propos et si jamais cela se confirme, ce sera vraiment absurde et folklorique », note Abderrezzak Mokri. Cette sortie médiatique de l’héritier de Cheikh Nahnah se veut une critique acerbe aux architectes du sérail qui gèrent le pays comme bon leur semble. Les récents changements opérés au sein de l’institution militaire et du gouvernement ne semblent point être pesants dans sa lecture des événements. Pour Mokri, ces opérations ne « concernent que le sérail soucieux de sa propre pérennité ». Le mouvement de la société pour la paix, a depuis sa sortie de l’alliance présidentielle et surtout l’élection d’Abderazak Mokri aux commandes, opté pour des choix politiques calibrés. La situation compromettante du pays ne le décourage pas et il est porteur d’un pacte de la réforme politique qu’il a présenté devant les médias. Une feuille de route objectant l’ouverture politique et démocratique, en osmose avec les aspirations du peuple, écarté complètement des centres de décisions.

Le MSP, porteur d’un projet qui prône aussi l’éloignement effectif de l’armée de l’action politique et la promotion de l’activité partisane, est dans une campagne pour faire adhérer à ses thèses, l’ensemble de la classe politique, tenue de miser sur un candidat unique. Celui capable de ravir la vedette au représentant du sérail qui jouira de tous les moyens de bord.
Le régime parlementaire ou semi-présidentiel avec des prérogatives larges au chef du gouvernement issu de la majorité parlementaire est une option qui tient particulièrement à cœur Abderazak Mokri, qui s’érige en ferveur défenseur de la formation d’un gouvernement d’union nationale, qui aura pour mission de proposer une nouvelle mouture pour la Constitution. Pour y arriver, des consultations sont lancées avec les autres formations qui animent la scène politique nationale. L’attitude outrageusement capitularde de certains partis inquiète au plus haut sommet le MSP qui doute déjà de la crédibilité des institutions du pays, qui ne fonctionnent pas de façon démocratique.

Des nouvelles alliances présidentielles sont en gestation et leur soutien inconditionnel au président de la République ne fait l’objet d’aucun doute. Ce qui motive Mokri d’aller jusqu’au bout de sa logique de redonner au peuple la souveraineté qui lui est déniée.