Algérie : le cinquantenaire de l’indépendance fêté en grande pompe

L’Algérie fête avec faste, ce jeudi 5 juillet, le cinquantenaire de son indépendance. A travers le pays, cette date historique du 5 juillet 1962, marquant la fin de 132 ans de colonisation française, est célébrée dans un contexte particulier marqué essentiellement par l’intérêt croissant de la jeunesse pour son histoire.

(De notre correspondant)

Les festivités ont commencé mercredi soir, avec un spectacle grandiose dans la capitale Alger, mais aussi dans d’autres grandes cités du pays.

A Tizi-Ouzou, dans la région de Kabylie, la population locale n’était pas en reste et la ville n’a pas dérogé à la règle. De nombreux jeunes et moins jeunes ont pris part, hier soir, à ce grand rendez-vous historique, illustré par l’usage de spectaculaires feux d’artifice accompagnés de youyous émanant des gorges de quelques vieilles femmes. « C’est vraiment intéressant de vivre pareils moments dans notre pays qui reste clos à toute forme d’expression de joie », s’est écrié un homme à Tizi-Ouzou.

Pendant un an, le pays sera en fête et les Algériens pourront assister à de nombreuses festivités. En marge donc de la proclamation d’indépendance de l’Algérie, le chef de l’Etat, Abdelaziz Bouteflika, est attendu pour déposer aujourd’hui au pied du sanctuaire des martyrs une gerbe de fleurs à la mémoire des combattants, morts les armes à la main pour libérer leur pays.

Une année de fête dans toute l’Algérie

Des chanteurs de renom sont également invités ce soir à se produire au stade du 5 juillet. C’est le cas de la star de la chanson kabyle, Takfarinas qui est l’invité de marque des ministères de la Culture, de la Jeunesse et des Sports, et des Moudjahidines. L’artiste, qui ne peut rester insensible à l’appel de la patrie se produira ce soir au temple mythique du 5 juillet, qui affichera complet pour l’occasion. Pas moins de huit cents comédiens, danseurs, chanteurs de ballet et groupes folkloriques auront aussi à se produire, en mémoire à cet évènement auquel prendront part des artistes africains, moyen-orientaux et même européens.

La région de Kabylie, et particulièrement sa capitale Tizi-Ouzou, vivra ces jours au rythme de la chanson exotique. Le festival panafricain qui s’y déroule depuis ce mercredi 4 juillet est marqué par la présence de dizaines d’artistes, comédiens et hommes de lettres venus contribuer à un évènement de l’histoire des mouvements indépendantistes.

« L’indépendance c’est l’indépendance »

Concerts géants et feux d’artifices résonneront ainsi aux quatre coins du pays. Le ciel algérien sera illuminé de feux d’artifice dont l’organisation a été confiée à une entreprise chinoise. Des concerts seront également tenus dans les principales villes comme Oran, Constantine et Annaba. Les rues de la capitale algérienne vivent déjà au rythme de fête pendant que les médias lourds comme la radio et la télévision se joignent aux célébrations en diffusant une série d’émissions consacrée à la plus marquante histoire du pays qui reste la guerre d’indépendance.

« C’est vrai que c’est intéressant de vivre et de prendre part à pareils événements mais le quotidien des Algériens est loin d’être reluisant comme le laisse paraître ce cinquantenaire », nous fait remarquer un habitant d’Alger.

« Sur le plan fête, il n’y a rien à redire, c’est bien organisé mais la joie ne suit pas parce que de nombreuses castes de la société souffrent de l’insécurité, du manque d’emploi et de la crise de logement », souligne une résidente de la capitale. Un sexagénaire qui a voulu se joindre nous fait remarquer : « L’indépendance c’est l’indépendance, c’est toujours bien d’être libre et de se soustraire à l’emprise de l’occupant. Moi qui ai des souvenirs de l’ère coloniale, je dirais que nulle béatitude ne peut égaler celle liée à la liberté ». Aux couleurs de vert, blanc et rouge, les villes algériennes vivront encore le long de cette année au rythme des festivités.

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