Algérie : la longue guerre contre le terrorisme


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Depuis les années 90, l’Algérie n’a jamais connu un moment de répit dans sa guerre contre le terrorisme. La persévérance de son gouvernement à éradiquer ce phénomène qui prend de plus en plus des proportions gravissimes, a valu au pays des menaces de tous les groupes islamistes agissant sous la férule de la nébuleuse Al-Qaïda.

(De notre correspondant)

Depuis les années 90, l’Algérie n’a jamais courbé l’échine dans la guerre sans fin contre le terrorisme qui a couté la vie à plus de
200000 personnes.

Cette violence s’est impétueusement ravivée entre 1994 et 1998 quand les groupes islamiques armés (GIA) faisaient des carnages notamment dans les wilayas (régions) de Blida, Boumerdes et d’Alger, communément connues sous l’appellation de « triangle de la mort ». Mais, avec l’expérience acquise par les services de sécurité de ce pays sur le terrain, la donne a complètement changé. Avec le statut de cross-border des groupes armés notamment du GSPC qui s’est affilié à la nébuleuse Al-Qaïda pour devenir Al-Qaïda au pays du Maghreb Islamique (Aqmi), les choses ont commencé à se compliquer davantage et la lutte devient quelque peu confuse.

Plusieurs attentats ont été perpétrés par cette organisation opérant sous un nouveau caché et les services de sécurité du pays ont peiné pour en prendre l’ascendant. La menace terroriste n’a jamais cessé de peser sur l’Algérie dont les pays voisins se sont enlisés dans la terreur surtout depuis les événements ayant secoué les autres pays du Maghreb et qui a vu les dictateurs s’écrouler sous la pression de la rue. Les islamistes radicaux qui en sont issus ont trouvé en la région du Sahel notamment au nord du Mali un meilleur refuge surtout après le coup d’état militaire ayant coûté le trône d’Amadou Toumani Traoré (ATT).

Ceci n’a pas été du goût et des populations locales et des puissances étrangères qui se sont échinées à s’en débarrasser au plus vite.

La Guerre au Mali arrive en Algérie

La guerre déclenchée, dans cette perspective, par la France au Mali voisin contre les groupes islamistes armés affiliés à la nébuleuse Al-Qaïda a compliqué la donne sur les frontières algériennes.

Le premier cap a été l’attentat contre une base de vie de Tiguentourine à In Amenas dans la wilaya d’Illizi que les services de sécurité algériens ont réussi à maitriser. Mais sans s’échapper du viseur des groupes armés infestant la région du Sahel et qui, ont pansé leurs blessures et se sont restructurés pour revenir à la charge pour s’attaquer à nouveau aux intérêts économiques du pays. « L’attentat d’In Amenas n’est qu’un début ». Cette déclaration incendiaire et lourde de sens en dit long sur les visées des groupes terroristes qui voient en l’Algérie une cible potentielle pour donner un bond qualitatif de grande ampleur sur le plan médiatique à leurs forfaits.

Le village d’Aïn Chriki, dans la commune de Djebahia, à 20 km à l’ouest de Bouira , a fait face à ce rebondissement de la terreur lorsque, dans la soirée de dimanche dernier un détachement composé de 11 éléments chargés d’assurer la sécurité du gazoduc Hassi R’mel-Dellys a été attaqué. Deux morts et sept blessés parmi les agents chargés de la protection du site. Les armes lourdes utilisées, renseignent également sur les réelles intentions des ces groupes qui ont décidé de s’attaquer aux poumons économiques du pays. L’impact de cette attaque, si elle était couronnée de succès, serait lourd de conséquences surtout sur les régions du nord du pays qui s’en servent. Ce gazoduc de 42 pouces, relie le gisement de Hassi R’mel à la wilaya de Boumerdes sur une longueur de 437 km . Sa réalisation dans les années 1980 avait pour objectif d’alimenter le nord du pays abritant d’importants pôles industriels.

Le resserrement de l’étau sécuritaire sur ces « sanguinaires » les a amenés à changer de stratégie. À défaut d’avoir la latitude de s’attaquer à des cibles potentielles, ils se sont rabattus sur des buts économiques pour étouffer le pays et le rendre vulnérable.

Une sorte de « gigantomachie » obscurcit, ainsi, la sérénité attendue par une population qui a payé un lourd tribut. Plus de 200000 personnes ont péri dans cette sale guerre, qui a duré une décennie de l’année 1990 à 2000, qui tarde à prendre fin alors que le bout du tunnel demeure invisible.

Après, donc ces deux attaques, les services de sécurité algériens ont redoublé d’efforts dans cette lutte contre un mal dont on ne connait que les conséquences désastreuses. Les frontières terrestres avec le Mali, la Libye et la Tunisie sont sous haute surveillance, histoire d’éviter d’éventuelles infiltrations des groupes armés.

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