Algérie : l’ENTV dans le viseur du mouvement « Barakat »

Des manifestants ont dénoncé ce lundi, devant les sièges de l’ENTV et de l’ENRS, « l’instrumentalisation de la télévision d’Etat » par le pouvoir.

Le mouvement « Barakat » (ça suffit, ndlr) a manifesté ce lundi devant les sièges de L’Etablissement public de télévision (ENTV) et de l’Entreprise nationale de radiodiffusion sonore (ENRS) afin de dénoncer « l’instrumentalisation de la télévision d’Etat » par le pouvoir. Des contestataires se sont scotchés la bouche, renvoyant ainsi l’image de la censure. « Comme à l’ENTV, on ne dit rien ! », lance un jeune manifestant.

Sur les pancartes, l’on pouvait lire les slogans tels que : « Halte au mensonge et à la propagande », « Talfaza watania machi bouteflikia » (télévision nationale, pas bouteflikienne), « Journalistes de l’ENTV et de la radio, indignez-vous », « C’est une télévision publique, pas privée », « Rendez-nous notre pays ! »…

D’après Anis, un membre de « Barakat », les Algériens contestent le fait que « l’ENTV est utilisé comme un canal de propagande au profit du régime de Bouteflika », rapporte El Watan. Il s’insurge contre l’inexistence du « droit à la différence » et que l’ENTV ne reflète pas l’image « d’une Algérie idéale ». Amira Bouraoui, elle, dénonce la destitution au peuple de l’ENTV au profit de « la famille Bouteflika et du DRS ». « Dans les années 1990, plus de 70 journalistes ont été tués pour la liberté d’expression », a lancé une autre manifestante. « Sortez de l’ENTV ! Sortez témoigner. Soyez solidaires avec la liberté d’expression. Dites la vérité », a-t-elle lancé aux journalistes de l’ENTV.

Afin de permettre la libre circulation des automobilistes sur le boulevard des Martyrs, la police est intervenue pour contenir les manifestants hors de la chaussée.