Algérie : hospitalisé à Paris après un AVC, Bouteflika pourra-t-il briguer un 4ème mandat ?

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika est actuellement hospitalisé à l’hôpital du Val-de-Grace à Paris après un accident cérébral vasculaire (AVC). Même si la détérioration de son état de santé est jugée minime par les autorités algériennes, les Algériens eux se demandent s’il pourra briguer un quatrième mandat en 2014.

Ce n’est plus un secret de polichinelle. Depuis plusieurs années, la santé d’Abdelaziz Bouteflika n’est plus au beau fixe. Les autorités algériennes retiennent leur souffle depuis samedi, après le transfert du chef d’État algérien, à Paris, à l’hôpital militaire du Val-de-Grace, suite à un accident cérébral vasculaire (AVC). Selon l’agence de presse algérienne, « il y a été transféré pour effectuer des examens complémentaires sur recommandation de ses médecins traitants », citant une source médicale. D’après des sources à Paris, le président algérien est arrivé à 18h00 GMT à l’aéroport du Bourget et a été immédiatement conduit sous-escorte militaire à l’établissement du Val-de-Grâce, qui accueille régulièrement des personnalités françaises et étrangères importantes.

Alger tente de minimiser les faits, affirmant que l’état de santé du président est stable. De son côté Paris se refuse tout commentaire, arguant le respect du secret médical. «L’État français se tient informé, ce qui est normal pour le président d’un grand pays tel que l’Algérie. En tant que président de l’Algérie, est un ami de la France », selon le ministre français de la Défense. Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères s’est contenté lui de « souhaiter le rétablissement de M. Bouteflika ».

La succession de Bouteflika en question

Fragile depuis de nombreuses années, la santé d’Abdelaziz Bouteflika soulève la question de sa succession. Pourra-t-il briguer un quatrième mandat en 2014 ? C’est la question que se posent les Algériens. D’autant que ce n’est pas la première fois que le dirigeant algérien a des tracas de santé. Après l’ulcère hémorragique qui l’avait contraint à prolonger son séjour à l’hôpital du Val-de-Grâce, à Paris, en 2005, son état de santé devient à nouveau matière à spéculation en Algérie.

Les médias locaux en font un évènement majeur, à un an des élections présidentielles. Le quotidien indépendant El Watan, en langue française, s’interroge même sur les aptitudes physiques du chef de l’État à aller au terme de son mandat présidentiel, qui expire en 2014. Un mandat de trop? Le journal rappelle la déclaration de Maitre Ali Yahia Abdennour qui avait appelé publiquement, la veille de la présidentielle de 2009, à faire examiner le Président par une équipe médicale indépendante pour voir s’il était apte à exercer ses fonctions.

El Watan évoque également le communiqué du directeur du Centre national de la médecine sportive, le professeur Rachid Bougherbal, qui s’est livré après l’AVC du dirigeant algérien. Selon lui, celui-ci fait état d’un «accident ischémique transitoire sans séquelles. Les premières investigations ont été déjà entamées et Son Excellence le président de la République doit observer un repos pour poursuivre ses examens», tout en assurant que son état de santé « n’occasionne aucune inquiétude ».

Le président n’a pas subi de séquelles irréversibles

« Le président de la République n’a pas subi de séquelles irréversibles, poursuit le professeur Bougherbal, expliquant qu’aucune fonction motrice ou sensorielle n’a été altérée. L’accident ischémique transitoire (AIT) n’a pas duré longtemps et l’affection est réversible et régresse sans laisser de lésions séquellaires », peut on lire sur le site internet d’El Watan.

Même son de cloche pour le quotidien national Info Soir : « Bien que les communiqués et déclarations soient rassurants sur son état de santé, après « un accident ischémique transitoire sans séquelles », le Président a été transféré, hier soir, à l’hôpital du Val-de-Grâce pour, officiellement, des examens médicaux complémentaires ». Info Soir se réfère également aux explications données par David Grabli, neurologue à l’hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, interrogé par l’AFP, suite à l’AVC du président algérien : « L’ischémie, veut dire, pour n’importe quel organe, la privation d’apport sanguin et donc d’oxygène. Le plus souvent c’est lié à un vaisseau sanguin qui se bouche. Comme c’est transitoire, le caillot qui s’est formé va se dissoudre très rapidement. Quand la durée de l’ischémie a été brève, inférieure à quelques minutes, les symptômes récupèrent immédiatement ».

Les autres titres algériens n’ont également pas dérogé à la règle. Ils sont revenus chacun sur la maladie du président qui suscite de vives inquiétudes pour les autorités et beaucoup de commentaires dans le pays.