Algérie : de moins en moins de dromadaires dans la région de Ghardaïa

Faute d’une filière organisée, le cheptel camelin de la wilaya se dégrade. Les abattages clandestins et l’absence de gestion des troupeaux compromettent cet élevage crucial pour le Grand-Sud saharien.

L’Algérie ne disposera bientôt plus, peut-être, de suffisamment de dromadaires pour assurer l’équilibre alimentaire des habitants du Sud saharien. Dans la wilaya (région administrative) de Ghardaïa, au centre géographique de l’Algérie, qui concentre un cheptel camelin évalué à 7 000 têtes – soit 10 % du nombre total de dromadaires et chameaux domestiqués dans le pays -, les abattages clandestins sont les principaux responsables de la dégradation du troupeau camelin.

El Watan rapporte que de  » riches bouchers-détaillants  » se jouent quotidiennement des autorités et abattent notamment des femelles reproductrices. Le journal met en évidence le décalage entre les chiffre de la production légale ( 4 kg par an et par habitant) et la consommation réelle de viande, évaluée à 9 kg par an et par habitant.

Moyen de transport

Il n’existe pas, en fait, de filière organisée de production cameline dans la région. La profession de méhari – éleveur n’est pas non plus réglementée. Quelques éleveurs, dans la région de Ghardaïa, envisagent de créer des  » ranchs  » de production intensive de camélidés, mais leurs initiatives butent encore sur des questions de disponibilité foncière.

Selon Pascal Bonnet, chercheur au CIRAD* de Montpellier (Sud de la France), les camelins sont  » les animaux de la conquête écologique et de l’occupation des territoires arides, et les espèces qui ont permis la plupart des flux de commerce en Afrique, en Asie, et au Proche et au Moyen-Orient.  » Chaque animal peut fournir potentiellement 300 kg de viande, 30 kg de graisse à valeur médicinale, et pour les femelles de 3 à 10 litres de lait par jour ; le cuir et la laine de l’animal sont employés intégralement ; son crottin est utilisé à la fois comme engrais et comme combustible. Enfin, le dromadaire demeure, grâce à ses aptitudes physiques et à son très faible coût d’usage, le moyen de transport le plus approprié dans les régions du Grand-Sud saharien.

* Centre de coopération internationale et de recherche agronomique pour le développement

Pour tout savoir sur l’élevage des camélidés :