Algérie : Bouteflika de retour dans moins d’une semaine

Faut-il vraiment y croire ? Difficile. Mais au regard des dépêches qui se multiplient et qui se ressemblent dans la minimisation de la maladie du président, cela prend l’allure de la poudre aux yeux.

(De notre correspondant à Alger)

Même si l’option de l’application de l’article 88 de la Constitution est écartée, il convient tout de même de savoir que le chef de l’état est malade. Physiquement démuni et gagné par la sénilité, il lui est impossible de briguer un quatrième mandat qui lui tient particulièrement à cœur.

Il est même difficile d’aller à terme de celui déjà en cours au regard de l’accélération de ses soucis de santé. Alors que son retour imminent au pays continue d’alimenter les débats, puisque son séjour au Val de Grâce (France) ne dépassera pas « sept jours« , l’heure à savoir combien de semaines de repos il faudra au chef de l’Etat pour se refaire une santé.

Comme la situation se corse davantage avec les grèves cycliques et les marches de protestations, le pays plonge dans l’incertitude. Avec la vacance au pouvoir, c’est le désespoir total.

Le silence des tenants du régime algérien, auxquels la culture de la transparence et de la communication fait défaut, donne libre cours à l’inquiétude et la spéculation parmi les citoyens. L’état de santé de Bouteflika focalise tous les débats parmi les Algériens. Dans les foyers, les cafés, les couloirs, les administrations et autres lieux de regroupement les spéculations vont bon train.

Les Algériens sceptiques

« Les grands scandales qui ébranlent le pays ces derniers temps ont précipité gravement le déclin de la santé de Bouteflika déjà frêle depuis le fameux ulcère hémorragique de 2005« , avance t-on dans les rues algériennes. L’information officielle concernant sa maladie se cherche dans les medias d’outre-mer.

Les communiqués officiels qui défilent ne semblent aucunement avoir l’écho parmi les « gouverné« déjà habitués aux leurres et aux mensonges. « Je ne peux aucunement croire aux communiqués portant sur la maladie de Bouteflika. Tellement on nous a habitué à l’imposture et au mensonge, même s’ils sont entachés d’un semblant de réalité, je refuserais de croire« , note Mustapha, un étudiant à l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou, en Kabylie.

Si le communiqué officiel soutient que « les activités de la vie nationale continueront à se dérouler normalement« ,d’autres dossiers requièrent toujours la présence présidentielle pour donner un sens à la gestion des affaires de la cité.