Algérie : Ahmed Ouyahia contre les privatisations tous azimuts

La crise financière semble préoccuper le gouvernement algérien au plus haut niveau. Les recettes du pétrole devenant de plus en plus faibles, le pays est entré dans un temps de vaches maigres. Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a rappelé, mercredi, sur les ondes de la radio nationale algérienne, que la crise économique devait rendre l’Etat prudent face à toute tentation de privatisation excessive.

Notre correspondant en Algérie

«La crise financière nous touchera, si j’en sais, le baril de pétrole est à 44 ou 45 dollars. Ceci veut dire que les recettes sont moindres par rapport à ce qu’elles ont été.» Tels ont été les propos tenus par le Premier ministre Ahmed Ouyahia, mercredi, sur les ondes de la radio nationale algérienne. En responsable averti, Ouyahia sait jauger les conséquences désastreuses de la crise financière mondiale, se demandant si l’Algérie a les capacités d’aller de l’avant dans le cadre de la relance économique décidée par le premier magistrat du pays, Abdelaziz Bouteflika.

Dans son constat de la situation socioéconomique du pays, le deuxième homme de l’Algérie affiche ouvertement son refus de la privatisation tous azimuts. Pour lui, la prudence doit être de mise. Tout comme le chef de l’Etat, qui prône une politique rationnelle des dépenses publiques, Ouyahia n’a pas omis de rappeler l’irréversibilité du passage à l’économie de marché. «Nous sommes toujours inscrits dans une démarche de l’économie de marché. C’est irréversible. Nous avons des engagements internationaux», a-t-il rappelé lors de son intervention.

Pour lui, la privatisation des entreprises publiques doit être accompagnée d’une réflexion sérieuse. «Le secteur privé est porteur de beaucoup d’espoir en Algérie et doit se développer culturellement et structurellement», a-t-il déclaré. Réunir les conditions nécessaires pour ce faire constitue, pour Ahmed Ouyahia, une étape non négligeable dans la réussite de la politique de son gouvernement qui a la lourde tâche de faire face à la crise.