Algérie : 81,53% des voix à Bouteflika, y a-t-il eu fraudes ?

La Présidentielle algérienne s’est elle déroulée dans les normes ? Telle est la question que se pose le commun des Algériens qui regrette de voir le pays régresser.

(De notre correspondant à Alger)

L’heureux vainqueur de cette élection en la personne d’Abdelaziz Bouteflika, 77 ans, a-t-il vraiment damé le pion à ses adversaires ? En se référant aux résultats préliminaires annoncés ce vendredi après-midi par Tayeb Belaiz, selon lesquels Abdelaziz Bouteflika a obtenu 81,53% des suffrages, Ali Benflis 12,18%, Abdelaziz Belaid 3,036%, Louisa Hanoune 1,37%, Fouzi Rebaine 0,99%, Moussa Touati 0,56%, avec un taux de participation de 51,70%, tout semble suivre le cours normal des chose. Mais les récits des personnes ayant été témoins de scènes de « fraudes » à grande échelles donnent froid dans le dos.

Si l’un des candidats malheureux de cette joute, Ali Benflis, déclare ne pas reconnaitre les résultats au regard de l’irrégularité qui les a entachés, il n’en demeure pas moins que les compagnons de « fraude » de l’élu se réjouissent du verdict. Les lectures différent bien évidemment, allant de celles qui évoquent la « menace » et le « chantage » exercés sur le peuple pour se faire élire, décryptage développé par le Rassemblement pour la culture et la démocratie et le Mouvement de la société pour la paix, à celles qui parlent de bourrage massif des urnes. Cette thèse a été développée par les boycotteurs.

Certains n’ont pas caché leur étonnement de voir leur nom figurer sur la liste des votants. D’autres parlent de chiffres exagérés. Des témoins parlent d’un taux de participation dans leurs wilayas ne dépassant pas les 11%, et s’étonnent du décompte final et des résultats préliminaires. « Nous avons l’habitude d’être méprisés par tous les régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance de notre pays. C’est vraiment affreux de voir l’avenir du pays s’assombrir encore davantage », s’indigne un étudiant de l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou.