Algérie : 70 ans après les massacres de Sétif, un ministre francais aux commémorations ?

Cette année du 19 au 21 avril, l’Algérie commémore le 70ème anniversaire du massacre de Sétif. A cette occasion, le secrétaire d’Etat français chargé des Anciens combattants Jean-Marc Todeschini se rendra à Sétif. Une grande première à ce niveau de représentation.

Jean-Marc Todeschini, le secrétaire d’État français chargé des Anciens combattants, souhaite effectuer un « voyage mémoriel » du 19 au 21 avril prochain à Sétif au nord-est de l’Algérie puis à Mers el-Kébir et en fin à Alger. Il va commémorer aux côtés des Algériens, le 70ème anniversaire du massacre de Sétif. A l’annonce de sa visite, le gouvernement a tenu à préciser qu’ « aucune mémoire n’est oubliée, on est dans une mémoire apaisée ».

Toutefois malgré son souhait de se rendre en Algérie, le secrétaire d’Etat français attend l’accord des autorités algériennes. Selon son cabinet, « cette visite doit se faire en bonne intelligence ». Par ailleurs, l’anniversaire de la commémoration de Sétif a lieu en mai mais pour des raisons d’agenda, notamment pour le 70ème anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale, il s’y rend en avril.

Il s’agira de la première participation d’un représentant du gouvernement français aux commémorations de Sétif. Des milliers d’Algériens ont été massacrés sous la colonisation française en 1945.

Le même jour que la capitulation de l’Allemagne nazie, le 8 mai 1945, les populations à Sétif et Guelma, en Algérie, manifestent pour leur droit à l’indépendance. De ces rassemblements s’en suivra une des répressions les plus sanglantes de l’histoire coloniale française, par la suite « collectivement et délibérément occultée ». Une manifestation qui tourne mal et cause la mort de 1500 à 45 000 personnes. Il a fallu presque 60 ans, pour que la France, par l’intermédiaire de son Ambassadeur en Algérie, Monsieur Hubert Colin de Verdière, en visite officielle à Sétif le 27 février dernier, parle de cette « tragédie inexcusable », et reconnaisse pour la première fois depuis l’indépendance de l’Algérie en 1962, sa responsabilité dans ce massacre.