Alassane Ouattara au sujet du troisième mandat : « Je crois que ça suffit comme ça »

En Côte d’Ivoire, malgré les appréhensions qu’elle suscite, l’élection présidentielle a eu lieu ce jour. Interrogé, un énième fois sur le troisième mandat, alors qu’il venait juste de voter, Alassane Ouattara s’emporte.

Alassane Ouattara, candidat à sa propre succession, a voté ce jour à Cocody. Le Président ivoirien a profité de l’occasion pour appeler au calme et exhorter ses compatriotes à sortir pour accomplir leur devoir civique. « J’en appelle à ceux qui ont lancé un mot d’ordre de désobéissance civile qui a conduit à des morts d’hommes : qu’ils arrêtent ! La Côte d’Ivoire a besoin de paix. Ce sont des actes criminels (…) Je dis aux jeunes de ne pas se laisser manipuler. Il s’agit de leur avenir. (…) Je demande à tous mes concitoyens épris de paix et de patriotisme d’aller voter », a lancé Alassane Ouattara, face aux journalistes, après avoir glissé son bulletin dans l’urne.

Profitant de l’occasion, les journalistes interrogent à nouveau le chef de l’Etat ivoirien sur le troisième mandat. Pour Alassane Ouattara, c’en était trop. Il sort de ses gongs : « La Côte d’Ivoire est un pays jeune, nous voulons la stabilité, nous voulons l’organiser. En Allemagne, Madame Merkel est en train de faire son 4ème mandat. Pourquoi vous n’en faites pas un problème ? Et en Italie, c’est la même chose ; vous devez arrêter d’imposer les normes de l’Occident aux Africains, nous sommes suffisamment majeurs pour gérer nos pays, nous le faisons en fonction de nos objectifs », a indiqué le dirigeant.

Selon Alassane Ouattara, « la Côte d’Ivoire est un pays qui est sorti de crise et qui a besoin de stabilité, et c’est au nom de cette stabilité que j’ai personnellement accepté de faire ce mandat auquel j’avais renoncé, donc je crois que ça suffit comme ça, je vous remercie ».
Il faut signaler que le scrutin a été émaillé d’actes de violences enregistrés çà et là, occasionnant au moins douze nouveaux décès, selon l’opposition. Il reste à avoir les chiffres de la participation des électeurs au scrutin, qui varient d’un camp à l’autre.