Air Afrique au coeur de la tourmente

Rien ne va plus à Air Afrique. Depuis mardi dernier, une grève des pilotes paralyse totalement l’activité de la compagnie dont la flotte risque encore d’être amputée de deux appareils.

Air Afrique n’a pu assurer aucun de ses cinq vols quotidiens depuis mardi dernier. Motif : une grève illimitée décrétée par les pilotes et le personnel navigant pour réclamer leurs arriérés de salaires et protester contre le retour de dirigeants très controversés à la direction de la compagnie. Un malheur ne venant jamais seul, faute de paiement, deux appareils risquent encore de quitter une flotte déjà récemment amputée de quatre avions.

Entre la direction et les employés du transporteur panafricain, c’est le bras de fer. Au centre des débats : le non-règlement des salaires des mois de juillet à septembre et les trois ans de cotisations prélevées mais non versées aux caisses de retraite, entre autres, animent la fronde

salariale. A cela s’ajoute les protestations du personnel face à la décision du nouveau directeur de la compagnie, le Togolais Marcel Kodjo, de rappeler à ses cotés d’anciens administrateurs très controversés dans leurs anciennes fonctions au sein d’Air Afrique.

Plus que trois appareils

Air Afrique qui en septembre comptait huit appareils risque bientôt de se retrouver avec une flotte de trois avions seulement. Un parc réduit à une portion congrue suite à la décision d’International finance lease corporation (IFLC), l’une des deux sociétés auprès desquelles Air Afrique affrète ses appareils, de réclamer le retour de toutes ses locations pour causes d’impayés. Il ne resterait alors à la compagnie aérienne que les quatre Airbus de la société Alizes dont trois sont effectivement opérationnels.

La situation est des plus délicates. Avec un passif de 332 milliards de FCFA (510 millions d’euros) et malgré le programme de restructuration adopté en août dernier où Air France deviendrait l’actionnaire majoritaire (35% du capital, contre 22% pour les onze états membres d’Air Afrique), l’avenir ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices. Et la situation actuelle fait peser de lourdes menaces sur la pérennité même de la compagnie.

Salif Sliman