Aïd el-Adha au Maroc : faut-il s’inquiéter pour les prix des moutons et des denrées ?

Foirail au Maroc
Un foirail au Maroc

À trois semaines de l’Aïd el-Adha, dans un contexte de crise alimentaire mondiale, le royaume du Maroc est à pied d’œuvre pour approvisionner ses marchés en denrées alimentaires et en moutons vivants. Malgré les assurances données par le ministère marocain de l’Agriculture, l’inquiétude pourrait tout de même s’installer.

Le département royal de l’Agriculture tenu à rassurer les Marocains quant à la disponibilité de l’offre mais surtout sur les prix des moutons sur le marché national à quelques semaine de l’Aïd el-Adha. Dans un communiqué, les autorités marocaines ont indiqué que le marché des animaux vivants s’est redressé par rapport à la situation d’avant février où les prix étaient particulièrement bas. Entretemps, ces prix avaient pris l’ascenseur du fait de la crise ukrainienne. Le ministre précise que s’agissant des moutons, les prix dans les foirails et les différents marchés à bestiaux sont aux mêmes niveaux que ceux de la campagne précédente à cette même période.

Ce qui ne va toutefois pas dans le sens de rassurer les ménages marocains. Même si le gouvernement tente de rassurer sur une tendance baissière «attribuable aux efforts conjugués de l’État, des agriculteurs et des professionnels du secteur de l’élevage». En effet, en juillet 2021, les prix du mouton avaient connu une hausse vertigineuse, pour un cheptel globalement composé de 22 millions d’ovins et de 6 millions de caprins alors que la demande représentait presque 20%. Malgré des quantités suffisantes, l’année dernière, les prix d’un mouton variait entre 3000 et 3200 dirhams (entre 280 et 300 euros).

«Le marché des produits alimentaires reste bien approvisionné»

Une hausse des prix du mouton qui se justifiait par deux années successives de sécheresse, ce qui avait entraîné une hausse des prix des aliments de bétail et la raréfaction des espaces de pâturage, relevait la presse marocaine, qui n’avait pas manqué d’évoquer la baisse des naissances comme autre facteur pouvant justifier cette hausse. Pour cette année 2022, on sait toutefois que le Maroc a été frappé par une vague de sécheresse, sans compter l’impact de la crise mondiale. Reste à savoir si les Marocains peuvent espérer avoir des offres de prix raisonnables.

S’agissant des produits agricoles et alimentaires, le ministère royal de l’Agriculture, dans une évaluation prévisionnelle de l’offre et de la demande, a aussi donné des assurances. «A l’approche de cette fête, qui coïncide cette année avec la saison estivale où la demande sur les produits alimentaires connait habituellement une légère augmentation par rapport à la normale, le marché des produits alimentaires reste bien approvisionné et les prix des principaux légumes et fruits affichent une tendance baissière ou stable», indique le ministère.

Lire : Les prix des moutons flambent à moins de 2 mois de l’Aïd el-Adha