Afrique, le très faible maillon

Avec Afrique, le maillon faible, l’écrivain congolais Bolya balance un véritable pavé dans la mare des afro-optimistes. Son oeuvre n’est pas un essai de plus sur l’Afrique en dérive, mais une analyse froide sur la déliquescence programmée du continent noir.

 » L’Afrique noire est bien partie. Son économie noire se porte à merveille. Sa production fantôme est en pleine expansion.  » Dès le prologue, intitulé  » La plus grande zone de non-droit du monde « , Bolya donne le ton. Sur 200 pages, l’auteur de l’Afrique en kimono et l’Afrique à la japonaise relate, chiffres à l’appui, les travers de la mondialisation en Afrique, les dérives du libéralisme, le pillage des oeuvres d’art et l’inconscience des seigneurs de guerre et des mafias. Le tableau brossé par Bolya est saisissant.  » L’Afrique aujourd’hui : 32 pays sur 45 en guerre, une propagation vertigineuse du virus HIV, une croissance exponentielle des économies parallèles, un épuisement rapide des ressources et un développement en panne…  » Avec un pareil score, l’Afrique, comme dans le jeu télévisé de la première chaîne française, TF1, mérite bien le sentencieux  » Au revoir  » de Laurence Boccolini sanctionnant la sortie du maillon faible.

Un pamphlet didactique

A la Zola, l’auteur d’Afrique, le maillon faible ne se contente pas seulement d’énumérer les multiples maux qui minent le continent noir, il  » accuse « . Il pointe du doigt les chefs d’Etat d’Afrique et d’ailleurs, les parrains de la mafia russe, les marchands d’armes, les laboratoires pharmaceutiques véreux, les riches collectionneurs d’art primitif, les amateurs de chair fraîche sur les trottoirs des villes occidentales et tous ceux qui se refusent à regarder en face la réalité africaine. Car pour Bolya, si l’Afrique est le maillon faible, c’est toute la chaîne qui est en cause.

Facile à lire et judicieusement structuré en sept chapitres aux titres plus poignants les uns que les autres, Afrique, le maillon faible est un pamphlet didactique. Un essai qui vise à secouer tous ceux qui se bandent les yeux sur l’Afrique et la mondialisation sauvage. A terme, écrit Bolya,  » ce n’est pas la pauvreté qui sera éradiquée mais 800 millions d’Africains.  »

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