Afrique : le marché des services mobiles en expansion

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Tandis que l’usage de téléphones portables explose sur le continent africain, les opérateurs de télécommunications et des entreprises se saisissent de l’opportunité pour proposer divers services aux africains. Une innovation technologique destinée à faciliter la vie quotidienne des consommateurs.

Avec plus de 500 millions d’usagers aujourd’hui, contre 4 millions en 1998, sur une population totale de plus d’un milliard, la téléphonie mobile est en plein essor en Afrique. Les opérateurs de télécommunication et les entreprises technologiques ont compris le potentiel que recèlent les téléphones portables sur le continent, où l’accès à internet est peu répandu, surtout en Afrique sub-saharienne.

C’est le cas de Femi Akinde, directeur de Slim Trader MoBiashara, une plateforme de « Mobile commerce en Afrique ». La start-up permet aux consommateurs d’acheter toute sorte de services ou de faire des courses via les services mobiles SMS. De cette manière, « les Africains gagnent du temps et de l’argent », a indiqué vendredi dernier à Afrik.com ce nigérian de 38 ans, diplômé de l’université de Chicago et ayant travaillé pour de grandes entreprises de télécommunications comme AT&T et T Mobile. Il a quitté son poste de «senior finance manager» chez Microsoft en 2009 pour créer sa propre entreprise.

Femi Akinde affirme s’être lancé dans le marché après un séjour en Afrique de l’Ouest où il a été confronté aux lenteurs logistiques et administratives. Concrètement, Slim Trader est une sorte d’intermédiaire entre les entreprises pourvoyeuses de services et leurs clients. « Les sociétés nous payent pour faciliter des transactions entre eux et leurs consommateurs via des dispositifs mobiles. Pour le consommateur c’est gratuit », a déclaré l’entrepreneur nigérian.

Un marché en expansion

Le marché des services mobiles en Afrique est en expansion. Au Kenya l’opérateur téléphonique Safaricom a mis au point en 2006 le service M-Pesa avec l’appui du gouvernement britannique. Il permet aux africains de bénéficier via leurs téléphones portables des services généralement proposés par les banques, tels que les comptes mobiles, le transfert d’argent vers les contacts, ou encore la possibilité d’effectuer des retraits ou des achats dans certaines banques. Une taxe est prélevée sur chaque transaction. Le service M-Pesa permet aux Kenyans qui ne possèdent pas de compte en banques, notamment dans les zones rurales, d’avoir accès à ce type d’offre.

En juillet dernier, Orange et Google ont signé un accord afin de développer des services mobiles en Afrique. Les deux groupes ont pour objectif de « faciliter le lancement des services innovants proposés par Google partout en Afrique en utilisant l’infrastructure SMS d’Orange », et d’offrir « aux clients d’Orange la possibilité d’utiliser les services de Google pour rester en contact via SMS », ont-ils indiqué dans un communiqué commun.

Le partenariat des deux géants économiques «confirme que nos services et notre modèle économique sont viables », a répondu Femi Akinde à la question de savoir quels étaient pour lui les perspectives d’avoir Orange et Google comme concurrents potentiels. Le marché des services mobiles en Afrique semble avoir de beaux jours devant lui, et la concurrence risque d’être rude.