Afrique du Sud : « Stop aux viols »

stop au viol

Le président Sud-africain Jacob Zuma a lancé ce jeudi une campagne de lutte contre les viols en Afrique du Sud.

Le chef d’Etat Sud-africain Jacob Zuma s’est rendu ce jeudi dans un lycée du Cap pour le lancement d’une campagne de lutte contre le viol : « Stop aux viols ». Et ce n’est pas anodin si Zuma a inauguré cette nouvelle campagne dans une école. Le viol collectif particulièrement sauvage d’une adolescente sud-africaine retrouvée le 2 février à la sortie d’un pub, à Bredasdorp, éventrée, marque encore les esprits.

La jeune Anene Boosyen, 17 ans, est morte quelques heures plus tard à l’hôpital. Une triste histoire qui rappelle au pays Arc-en-ciel qu’il n’est pas si coloré que ça et qu’il détient le record mondial du nombre de viols.

Alarmant. En Afrique du Sud, une femme serait violée toutes les 17 secondes, principalement dans les townships et les zones rurales. Une situation digne d’un pays en guerre. Cela représente 40% des Sud-Africaines violées, 64.000 cas de viol signalés à la police, sans compter ceux qui ne le sont pas par peur de représailles. Plus du quart des hommes admettent avoir commis un acte de viol. Un quart de ces violeurs sont séropositifs. Seuls 14% d’entre eux sont jugés.

Sensibiliser la jeunesse

« Nous devons nous unir pour dire que ces agressions horribles doivent cesser », a déclaré ce jeudi à la presse Jacob Zuma. « L’Afrique du Sud est confrontée à un problème persistant de violences à l’encontre des femmes et des enfants (…), a-t-il ajouté. Le lancement de cette campagne est une étape nécessaire pour que notre pays se débarrasse de ce fléau et soigne cette maladie. »

Droit à la racine. La campagne « Stop aux viols » touchera dès ce vendredi plus de 10 millions d’élèves Sud-Africains. Tous prêteront serment et s’engageront à ne pas commettre de viol. Il leur sera demandé de faire preuve de civisme et de signaler tout acte de viol dont ils seraient témoins.

Les femmes et les enfants âgés de 12 à 17 ans sont les premières victimes de ce fléau. Le président Zuma a rappelé que le viol est un acte abominable qui n’a pas sa place dans la société. Il a pris la décision de réinstaller les tribunaux chargés de juger les délits à caractère sexuel.