Afrique du Sud: plainte après la stérilisation forcée de femmes atteintes du VIH/Sida

Plusieurs organisations de défense des droits des femmes ont déposé une plainte ce vendredi auprès la Commission pour l’égalité des sexes en Afrique du Sud après la stérilisation de force de femmes atteintes du VIH/Sida.

La stérilisation forcée de femmes enceintes atteintes du VIH/Sida, bien que tabou en Afrique du sud, est une pratique de plus en plus courante. Les organisations des droits des femmes du pays s’insurgent contre cette pratique. Ce vendredi, elles ont déposé une plainte auprès de la Commission pour l’égalité des Sexes afin qu’une enquête soit ouverte sur ces actes, selon RFI.

Stérilisées avant d’accoucher

Selon ces organisations, plus de cinquante cas de stérilisation forcées ont eu lieu en Afrique du Sud sur de jeunes femmes pauvres atteintes du VIH/Sida dans des hôpitaux publics au moment de leur accouchement. D’après Jodie Fredericks, une employée du Centre pour les droits des Femmes, la plupart d’entre elle ne savaient même pas ce qui leur arrivait. Avant de passer au bloc pour donner naissance à leur enfant, des membres du personnel leur remettent des documents à signer sans leur dire de quoi il s’agit. Pour Jodie Foster, «le personnel de santé force la main à ces femmes pour qu’elles signent ses documents sans leur expliquer de quoi il s’agit, aucune femme ne peut être stérilisée sans son aval, le médecin doit lui expliquer ce que cela veut dire».

Des actes fermement démentis par le ministère sud-africain de la Santé. Selon Yogan Pillay, directeur adjoint du ministère, « il n’y a certainement pas au sein du ministère de la santé une politique pour forcer les femmes qui ont le VIH-SIDA a être stérilisée». Pour le ministère de la Santé, ces pratiques n’existent pas dans leur pays, aucune femme n’a été forcée à être stérilisée. Toutefois, si des cas existent, le ministère souhaite que des preuves lui soit rapporté afin de «prendre des mesures contre ceux qui font ce genre de chose».

L’Afrique du Sud n’est pas le premier pays d’Afrique a avoir affaire à ce genre de pratiques puisque la Namibie en novembre dernier a été reconnue coupable pour avoir stérilisé des femmes atteintes du VIH sans leur consentement.