Afrique du Sud-Métallurgie : échec des négociations pour mettre fin aux grèves

Les négociations pour tenter de mettre fin à la grève dans la métallurgie sud-africaine étaient dans l’impasse vendredi malgré une offre salariale améliorée du patronat.

Les négociations pour mettre fin aux grèves dans le secteur de la métallurgie, qui perturbent déjà les chaînes du géant automobile américain General Motors, tombent à l’eau. « Nous sommes très profondément déçus par la tournure prise par les événements », a déclaré le directeur général de la fédération des industries de l’acier et des constructions mécaniques d’Afrique du Sud (Seifsa) Kaizer Nyatsumba, dans un communiqué. « Après une longue et houleuse discussion, le conseil du Seifsa avait finalement sorti une très bonne offre dont nous pensions en toute confiance qu’elle était acceptable par le Numsa », le puissant syndicat national des métallos sud-africains, a-t-il ajouté.

Le patronat indique avoir mis sur la table, jeudi soir, une revalorisation étalée sur trois ans des salaires les plus bas de 10% en 2014, puis 9%, puis 8%, les plus qualifiés se voyant proposer 8%, puis 7% en 2015 et 2016, alors que l’inflation dépasse les 6% en rythme annuel actuellement. Avec cette nouvelle offre, le patronat qui avait proposé auparavant 7% à 8%, était « très optimiste », selon le communiqué, et pensait convaincre le Numsa de faire revenir au travail les plus de 220 000 métallos en grève depuis mardi.

Mais il s’est heurté à un refus, le Numsa continuant d’exiger notamment la fin du recours au travail intérimaire. « Il est évident que le Numsa a un agenda politique contre le parti au pouvoir (. . . ) », a accusé Kaizer Nyatsumba. « Le Numsa a déjà fait valoir auprès du gouvernement son opposition au travail intérimaire et au salaire jeune (instauré en 2014, ndlr) sans obtenir gain de cause. Maintenant, le syndicat veut quand même imposer ses vues aux employeurs », a-t-il critiqué.

Une grève qui influe sur la livraison de composants automobiles, notamment sur les chaînes de General Motors. « Nous n’avons pas eu d’autre choix que d’arrêter l’assemblage mardi », a précisé le constructeur, déplorant le tort causé par ce nouveau conflit social à l’économie sud-africaine et à l’image du pays à l’étranger, après cinq mois de conflit d’une dureté inédite dans les mines de platine.