Afrique du Sud : le COPE, une alternative à l’ANC ?

Né d’une querelle entre Thabo Mbeki et Jacob Zuma à la tête de l’ANC, le Congrès du peuple, COPE, a tenu, cette semaine, son congrès fondateur à Bloemfontein, ville de naissance de l’ANC en 1912. Le COPE qui dit compter déjà près de 400 000 adhérents en son sein, se positionne comme un adversaire du parti de Nelson Mandela, à quelques mois des élections générales qui se tiennent en 2009. Mosiuoa Lekota, l’ancien ministre de la Défense de Thabo Mbeki, a été élu à sa tête.

« L’histoire de l’Afrique du Sud ne sera plus jamais la même ». Ainsi s’exprimait Mosiuoa Lekota, lors du lancement officiel du nouveau parti, dont il a été élu président. Le Congrès du peuple a été créé il y a deux mois par des dissidents de l’ANC proches de l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, contraint à la démission. C’est à Bloemfontein, ville où est né l’ANC (African National Congress) en 1912, que s’est tenu mardi le congrès fondateur. Quelques jours plus tôt, M. Lekota affirmait : l’ANC « plus que quiconque, devrait savoir qu’il n’y a aucune chance que nous fassions marche arrière, nous sommes maintenant tournés vers les élections ».

Mosiuoa Lekota, choisi par consensus, a travaillé pendant huit ans comme ministre de la Défense avec Thabo Mbeki. Surnommé « Terror », à cause de son agressivité au football, M. Lekota, 60 ans, a été emprisonné à Robben Island durant l’Apartheid, comme Nelson Mandela. Il sera secondé à la tête du nouveau parti par Mbhazima Shilowa, l’ex-ministre de la province de Johannesburg-Pretoria, la plus importante place économique en Afrique et le cœur industriel de l’Afrique du Sud.

Le COPE revendique 400 000 adhérents

Selon un récent sondage, le nouveau parti, qui prétend compter en son sein 400 000 adhérents, est crédité de 15 % des voix aux prochaines élections générales qui auront lieu au premier semestre 2009, indique RFI. Le COPE qui aurait décliné des propositions de rapprochement avancées par l’ANC, devrait publier son programme de campagne à la mi-janvier. Les affaires de corruption qui frappent le parti de Nelson Mandela, notamment son nouveau chef Jacob Zuma, seront un des arguments de campagne du Congrès du peuple face à l’ANC. Un parti qui, de son côté, met en garde ses électeurs contre les discours des dirigeants du COPE, qualifiés de mauvais perdants et d’incompétents.

Pour laver les humiliations du clan de Jacob Zuma aux prochaines élections, les dirigeants du COPE mèneraient, avec d’autres partis d’opposition, notamment l’Alliance démocratique qui bénéficie d’un fort soutien parmi la population blanche, des discussions pour former une coalition.