
L’ancien Président sud-africain, Jacob Zuma, a été hospitalisé à Pietermaritzburg, dans l’Est du pays. Si son entourage évoque un bilan de santé de routine, son état de santé suscite l’attention à l’approche de nouveaux rendez-vous politiques. À 84 ans, le chef du parti uMkhonto weSizwe (MK) demeure également au centre de plusieurs controverses judiciaires qui ont marqué sa carrière.
Jacob Zuma a été admis dans une clinique médicale après avoir été transporté en ambulance mercredi, selon plusieurs médias sud-africains. Ce vendredi 9 octobre, le Président Cyril Ramaphosa a confirmé que son prédécesseur recevait des soins médicaux, tout en lui souhaitant un prompt rétablissement. Les responsables du parti MK assurent que l’ancien chef de l’État est de bonne humeur et présentent son hospitalisation comme un contrôle médical de routine.
Aucune précision détaillée n’a toutefois été communiquée sur la nature de ses problèmes de santé. Une incertitude demeure également sur sa participation aux prochains rassemblements politiques, notamment celui annoncé le 18 octobre dans la région de Mtooba. Sa présence est particulièrement attendue : à l’approche des élections locales, Zuma reste l’une des principales figures de mobilisation de son mouvement.
Une carrière politique assombrie par les tribunaux
Au-delà de cette hospitalisation, le parcours de l’ancien Président reste indissociable de ses démêlés avec la justice. Au pouvoir entre 2009 et 2018, Jacob Zuma a quitté la Présidence sous la pression de multiples accusations de corruption et de mauvaise gouvernance, notamment liées au scandale de la famille Gupta et à un vaste contrat d’armement conclu à la fin des années 1990.
En juin 2021, il a été condamné à quinze mois de prison pour outrage à la Cour constitutionnelle, après avoir refusé de coopérer avec la commission d’enquête sur la corruption présidée par le juge Raymond Zondo. Son incarcération avait déclenché, en juillet de la même année, de violentes émeutes dans les provinces du KwaZulu-Natal et du Gauteng.
Cette condamnation n’a cependant pas mis fin à ses batailles judiciaires. Zuma demeure notamment associé à l’affaire du contrat d’armement, dans laquelle il fait face à des accusations de corruption, de fraude et de blanchiment d’argent. Il conteste les poursuites engagées contre lui.
Un retour politique malgré les controverses
Exclu de l’ANC en 2024, Jacob Zuma prit rapidement la tête du MK, formation issue de l’ancienne branche armée du parti de Nelson Mandela. Le MK a bouleversé le paysage politique sud-africain lors des élections générales de 2024. Son mouvement a notamment puisé dans le mécontentement d’une partie de l’électorat de l’ANC, son ancien parti.
L’hospitalisation de Jacob Zuma survient à un moment où il reste très présent sur la scène politique sud-africaine. Sa participation aux prochains rassemblements dépendra désormais de l’évolution de son état de santé. Pour le parti MK, son absence éventuelle pourrait être difficile à gérer, tant l’ancien Président reste une figure centrale, malgré les polémiques qui l’entourent et les affaires judiciaires auxquelles il doit faire face.




