Affaire Vanessa Tchatchou au Cameroun : de faux coupables condamnés pour une vraie affaire ?

Le tribunal de grande instance du Mfoundi, au Cameroun, a enfin rendu son verdict, condamnant trois personnes qui de l’avis de l’opinion ne seraient pas concernées par l’affaire Vanessa Tchatchou, la victime partage cet avis.

(De notre correspondant)

Pas l’ombre de Vanessa Tchatchou, ce 18 octobre au tribunal de grande instance du Mfoundi, au Cameroun, où le verdict devait être rendu dans l’affaire de son bébé volé. Cette jeune fille de 18 ans, dont le bébé avait disparu à l’hôpital gynéco-obstétrique de la capitale camerounaise, Yaoundé quelques heures après sa naissance le 20 août 2011 avait affirmé, à l’ouverture du procès, ne pas reconnaître les suspects présentés par le tribunal. Malgré son absence, le tribunal a condamné Alabi Ngwa Joceline à 25 ans de prison, Njandja Bamen Cyrano Rouvrier et Abialina Charles à 20 ans de prison. Le premier a été ainsi condamné pour enlèvement aggravé d’enfant aggravé par la mort de ce dernier, co-action d’enlèvement d’enfant pour le second et complicité d’enlèvement pour le troisième.

L’avocat de Vanessa Tchatchou, Maître Meli avait auparavant signifié par écrit au tribunal que les trois condamnés, tous âgés de moins de 21 ans n’étaient pas les personnes contre lesquelles, il avait formulé une plainte. Une exception qui n’a pas été prise en compte par le tribunal de grande instance du Mfoundi qui s’est contenté de l’enquête menée par la police. La partie civile affirme attendre toujours une suite de sa plainte. Ladite plainte avec constitution de la partie civile accusait la magistrate Medjan Dikoum Ate Caroline qui était, à l’époque des faits, substitut du procureur de Mfou d’être l’auteure de ce vol.

« Catastrophe juridique… »

C’est en ces termes que l’homme politique Vincent Sosthène Fouda, l’un des acteurs phares du collectif « Rendez le bébé de Vanessa » qualifie le verdict du tribunal. « Nous venons d’assister à la grande théâtralisation de la justice camerounaise avec des séances d’hypnose. Cette nuit, la justice camerounaise s’est enfoncée un peu plus, après la catastrophe de l’enlèvement de cet enfant à sa maman, nous vivons une catastrophe juridique », dénonce-t-il.

Pour lui, ce ne sont pas les coupables qui ont été condamnés, mais des innocents, pauvres et analphabètes. « Ils payent pour les riches, les réseaux qui n’ont jamais été inquiétés, interrogés, démantelés », croit savoir Sosthène Fouda. Il interpelle par ailleurs les hommes d’Eglise et la société civile à œuvrer pour arrêter de protéger les lobbies au détriment de la famille et de la valeur humaine.