Affaire Haidar: l’Union européenne pointe du doigt l’attitude du Maroc

La présidence suédoise de l’Union européenne rappelle à l’ordre le Maroc. Dans un communiqué diffusé jeudi, l’Europe a exhorté le Royaume chérifien à « respecter ses obligations internationales relatives aux droits de l’Homme ». Cette déclaration intervient alors que la militante sahraouie, Aminatou Haidar, observe son 26ème jour de grève de la faim. Une attitude que condamne le Maroc qui affirme que l’activiste « devrait admettre son erreur et présenter des excuses pour offenses aux symboles de la Nation ».

Le Maroc dans la ligne de mire de l’Europe. La présidence suédoise de l’Union européenne a exhorté jeudi le pays « à respecter ses obligations internationales relatives aux droits de l’Homme » et « coopérer » avec Madrid sur l’affaire de la militante sahraouie en grève de la faim. En réponse aux réactions de la Communauté internationale, Kalid Naciri, le porte-parole du gouvernement marocain, a rétorqué que « c’était l’intéressée elle-même qui a choisi de renier sa nationalité et de remettre son passeport aux autorités marocaines ». Il a également affirmé qu’Aminatou Haidar « devait admettre son erreur et présenter des excuses pour offenses aux symboles de la Nation ».

Morte ou vive

La militante âgée 42 ans, a été arrêtée à son arrivée en avion le 13 novembre à Laâyoune, principale ville du Sahara occidental, en provenance des Canaries. La raison : sur sa fiche d’entrée, l’activiste aurait inscrit qu’elle était résidente au Sahara occidental. La provocation aurait été interprétée comme « un déni de sa nationalité marocaine » par les autorités du royaume chérifien qui lui ont confisqué son passeport avant de la placer dans un avion à destination des Canaries.
Depuis ce jour, Aminatou Haidar observe une grève de la faim dans le hall de l’aéroport de Lanzarote, sur les îles espagnoles. « Ma revendication est de rentrer au Sahara occidental morte ou vivante, avec ou sans passeport », a déclaré Mme Haïdar en réponse à une journaliste qui lui demandait si elle accepterait de rentrer au Sahara si le Maroc lui faisait remettre un passeport marocain.

Dans une lettre reçue jeudi par le président français, Nicolas Sarkozy, la militante a demandé le soutien urgent du gouvernement et du peuple français et a souligné que son état de santé était en train de se détériorer. En effet, elle est à présent incapable de se tenir debout et le médecin l’ayant examiné cette semaine a constaté une tension très basse, des nausées, une anémie, l’atrophie musculaire et des hémorragies gastriques.

Si les autorités marocaines persistent dans leur entêtement, l’Union européenne pourrait remettre en cause son partenariat commercial et économique avec le pays.