Affaire Firmin Mahé : l’adjudant-chef Guy Raugel reste en prison

L’adjudant-chef Guy Raugel, inculpé pour le meurtre de l’Ivoirien Firmin Mahé, dont le corps a été retrouvé dans un véhicule de l’armée française en Côte d’Ivoire, reste en prison. La décision de la Cour d’appel est tombée jeudi alors que le brigadier chef Johannes Schnier, son co-accusé recouvrait la liberté.

L’adjudant-chef Guy Raugel restera en prison. La Cour d’appel de Paris a rejeté, jeudi, sa demande de remise en liberté en évoquant « un risque de concertation » et de « trouble à l’ordre public ». Son co-accusé, le brigadier-chef Johannes Schnier, accusé d' »homicide volontaire « , a, quant à lui, été relaxé mardi. Les deux soldats français, appartenant à la Force Licorne en Côte d’Ivoire, sont directement responsables de la mort de l’Ivoirien Firmin Mahé. C’est le premier qui lui a donné la mort en l’étouffant avec un sac plastique, alors que le second le maintenait.

« Un ordre implicite »

Pour l’avocat de Guy Raubel, Me Jacques Tremolet de Villiers, « C’est une déception. Toutes les autres personnes concernées ont été libérées. Ce maintien en détention provisoire fait figure de pré-condamnation, de pré-jugement. Cela veut dire que plus le grade est élevé, moins c’est grave ». Des cinq personnes mises en examen dans cette affaire, seul l’adjudant-chef est encore incarcéré. Les faits remontent au 13 mai 2005 et les militaires français auraient agi sur un ordre implicite de leur hiérarchie.

Une hiérarchie qui a déjà fait les frais de cette affaire. Le général Henri Poncet, alors commandant de la Force Licorne, a été suspendu pour avoir camouflé l’affaire. Il est également, avec le colonel Eric Burgaud, commandant à l’époque du 13e bataillon de chasseurs alpins (BCA) de Chambéry, dont dépendent les meurtriers du jeune Ivoirien, accusé de « complicité d’homicide volontaire ».